Fantasy Strike
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Fantasy Strike, le versus fighting pour tous – TEST

Si les jeux de combat représentent un genre aussi sélect’, c’est en grande partie pour leur gameplay exigeant et pas forcément simple à appréhender. Là où Super Smash Bros. a réussi à ouvrir ce type de jeu à un public un peu plus large avec ses modes et ses objets en tous genres, beaucoup de joueurs occasionnels sont encore rebutés par les versus fighting. Partant de ce fait, Sirlin Games entend élargir d’avantage la faille créée par Nintendo avec Smash Bros. en publiant Fantasy Strike, un jeu a priori classique mais qui s’avère bien plus accessible que ses homologues. Convaincu par l’idée séduisante qu’accessibilité ne rime pas forcément avec casualisation, Sirlin Games tente une nouvelle approche du versus fighting avec ce titre disponible sur Nintendo Switch : pari réussi ou utopie ?

Ready ? Fight !

Examinons un peu le bestiau pour commencer ! Dans la version test que nous avons reçue, Fantasy Strike est encore en phase beta mais propose un contenu globalement satisfaisant pour un premier jet. Si le casting est quelque peu faiblard avec dix personnages en tout et pour tout, chacun de ses représentants a le mérite de posséder un gameplay totalement unique. Quatre classes de combattants divisent cette petite troupe : Contrôleurs, Agressifs, Lutteurs et Originaux. Dans l’ensemble, j’ai apprécié le design ainsi que la palette de coups imaginés pour chacun d’entre eux : on y retrouve aussi bien des classiques du genre que d’étonnantes idées. Alors que Grave et Jaina sont respectivement samurai et archère avec un gameplay sans fioritures mais efficace, Lum le panda amateur de jeux d’argent se démarque par un moveset très déroutant où la chance tient une place étonnamment bien amenée. J’ai noté avec amusement la référence directe à Ace Attorney avec le design de DeGrey directement inspiré de celui de Miles Edgeworth.

Parmi les autres combattants, on rencontre Setsuki la ninja, Valérie l’artiste, Rook le golem, Argagarg le chaman aquatique, Geiger l’horloger minutieux et Midori que vous découvrirez dès le tutoriel du jeu. Globalement, Fantasy Strike possède un roster qui ne manque pas de charisme malgré sa taille restreinte : chaque personnage dispose d’une identité propre qu’on découvre à travers leurs mimiques et leurs attaques, un très bon point pour un jeu de combat !

Super Street Fighter Ultimate

Parlons gameplay maintenant : comme dit dans l’introduction, le maître mot de Fantasy Strike est ” accessibilité “. En simplifiant les contrôles habituellement rencontrés dans les canons du genre, le titre de Sirlin Games pourrait bien devenir une véritable introduction au versus fighting. Trois attaques de base sont disponibles pour chaque personnage et ces dernières varient si vous les exécutez en plein saut ou si vous inclinez le stick dans telle ou telle direction. En quelque sorte, on pourrait y voir un mélange entre Street Fighter et Super Smash Bros. bien qu’aucune attaque chargée ne soit présente. Au cours du combat, une jauge se remplit progressivement et vous permet de déclencher un mouvement spécial qui peut également sensiblement varier selon votre position. Prenons un exemple : alors que le Super de Geiger lui permet d’arrêter net le temps et de se rapprocher de l’adversaire sans risque au sol, exécuter le mouvement en plein saut formera un énorme ensemble d’engrenages qui se dirigera lentement mais sûrement sur votre ennemi.

Un système de Contre est également présent et vous permet de bloquer les attaques de votre adversaire en poussant le stick dans la direction opposée. Le Contre Yomi est une mesure un poil plus complexe qui vous permet de riposter automatiquement à un grab adverse en ne touchant à aucun bouton. Dans l’ensemble, Fantasy Strike a atteint son objectif en proposant un gameplay plaisant, simple mais néanmoins développé : le tout fonctionne, est facile à prendre en main et suffisamment profond pour que les néophytes des jeux de combat comme les vétérans puissent y trouver leur compte. La simplicité apparente cache en effet une complexité qui ne réside non pas dans l’exécution des combos, mais bien plus dans le timing et le choix de vos attaques.

Ça castagne et ça revient

Deux points noirs, l’un léger, l’autre énorme, viennent cependant obscurcir le tableau. Premièrement, Fantasy Strike dispose de sa propre nomenclature pour désigner les différentes types de mouvements attachés aux boutons de la Nintendo Switch : Y devient A (pour Attack), B devient J (pour Jump), X devient B et C devient A. Pas facile de s’y retrouver au tout début ! Malgré tout, on prend rapidement l’habitude et ce problème n’est au final que temporaire. En revanche, le deuxième aspect que nous allons aborder est bien plus dérangeant en plus d’être frustrant : si le casting de combattants est intéressant aussi bien pour le design de ses membres que la spécificité du gameplay de chacun, il est très déséquilibré. Midori, le mentor dragon, est horriblement fort entre ses grabs bien trop puissants et ses points de vie très élevés.

Et les choses ne font qu’aller de mal en pis quand le rouquin active son Super et revêt sa forme de dragon. Il est tout de même curieux que je puisse battre tous mes adversaires avec un personnage en particulier mais que Midori devienne subitement un obstacle insurmontable qui enchaîne les perfects avec ses coups horripilants. Rook est le seul à rivaliser avec Midori et ce n’est pas pour me plaire dans la mesure où ce stupide golem est également bien trop fort pour le reste du casting ! En bref, il serait judicieux qu’un patch vienne nerfer ces deux personnages pour qu’enfin cesse ce ballet démoralisant de perfects qui a presque réussi à me dégoûter du jeu lors de mes premiers affrontements contre eux.

La ronde des menus

Comme tout versus fighting qui se respecte, Fantasy Strike propose différents modes de jeu. On retrouve bien sûr un Mode Solo lui-même divisé en 5 sous-modes : Arcade, qui installe une once de scénario pour chacun des personnages, le Défi Quotidien, la Survie, l’Assaut de Boss et le Match Simple. Le multijoueur est évidemment de la partie avec un mode Local et un mode Online qui propose trois autres sous-modes pour vous frotter aux joueurs du monde entier. Si l’Assaut de Boss est très amusant avec la possibilité d’ajouter des bonus à votre personnage au fur et à mesure de votre avancée, le mode Survie est à réserver à la crème de la crème des joueurs tant son accomplissement est difficile, ce que je trouve un peu dommage dans un jeu qui se revendique “accessible à tous“. Le Mode Arcade de Fantasy Strike est globalement similaire à celui de Street Fighter avec ses six adversaires à affronter et ses deux petits entractes scénaristiques et le Défi Quotidien a le mérite d’apporter un peu de nouveauté tous les jours. Une section Astuces complète le tout avec des conseils et des vidéos pour chaque personnage afin de comprendre comment jouer au mieux chacun d’entre eux. Concernant le Online, rien à dire : l’ensemble est stable et je n’ai pas eu à souffrir de déconnexions intempestives comme j’en observe souvent chez un certain mastodonte du genre (*tousse* Smash *tousse*).

Un petit mot sur la direction artistique globale du jeu pour conclure : le rendu visuel est plutôt globalement soigné avec beaucoup de couleurs et des décors sobres mais néanmoins plaisants à regarder au cours du combat. Le cel-shading des combattants offre un résultat agréables à l’oeil si on excepte la tête de veau de Grave : Valérie peut ainsi exhiber son 95D (véridique) tout en déployant son pinceau arc-en-ciel (il fallait bien ça pour la vitrine LGBT de Fantasy Strike) tandis que Rook offre de jolis reflets lumineux sur son corps rocheux. La bande-son n’a cependant rien de bien transcendant et rend un service minimum sans être désagréable pour autant.

Accessible et efficace
  • Accessible mais complexe - 65%
    65%
65%

Résumé

Grâce à un gameplay simplifié mais loin d’être restreint, Fantasy Strike réussit son plus gros défi en proposant une approche du versus fighting accessible à tous, néophytes comme vétérans. Malgré un gros soucis d’équilibrage dans le roster du jeu, Sirlin Games peut se targuer d’avoir ouvert encore d’avantage les jeux de combat au grand public grâce à un vrai soin apporté à un gameplay très agréable à prendre en main. Le tout est servi avec un casting réduit mais très efficace, une direction artistique plaisante et un ressenti global très enthousiasmant. On a hâte de voir si de nouveaux personnages seront proposés à l’avenir pour garnir un peu cette sympathique troupe de combattants !

Envoi
User Review
70.75% (4 votes)

A propos de l'auteur :

LatoJuana

Otaku gamer assumé et sérivore avec un tropisme particulier pour Nintendo. M1 biologie et cataclysme en Travaux Pratiques.

a écrit 404 articles sur Switch-Actu.

3 commentaires pour “Fantasy Strike, le versus fighting pour tous – TEST

    1. L’équilibrage est à mes yeux le point essentiel d’un jeu de combat en plus du roster. Alors si tu en sors un avec aussi peu de personnages mais avec un déséquilibre aussi flagrant malgré tout, ça commence effectivement à devenir problématique. A ça, j’ai ajouté que la bande-son n’était pas spécialement ouf. Enfin, le constat général est sympathique mais sans plus, d’où un 65 %.

      1. Euh, non, le jeu n’est pas déséquilibré… Tu es clairement un joueur casu, ce qui n’est pas du tout un reproche, mais parler de l’équilibre d’un jeu alors que tu es loin d’être un habitué du genre, c’est parler sans savoir, et du coup ta critique n’est plus valide.
        Chaque perso a de bonnes options qui permettent de gérer à peu près tout, il y a très peu de matchs up vraiment défavorables dans ce jeu, pour peu qu’on ait justement de bonnes connaissances des match up, ce qui n’est clairement pas ton cas.
        Déjà tu trouves Rook trop fort, ce qui est un très très grand classique des jeux de combats, à savoir que les débutants ne savent pas gérer les choppeurs. Rook a des coups armors faciles à battre vu qu’il suffit de cancel les attaques de ton perso pour les punir, et la choppe spé est également facile à punir, ses hp ne sont pas suffisant pour compenser ses lacunes.
        Quand à Midori, c’est un perso moyen. Ses grabs sont LOIN d’etre aussi fortes que tu le dis, chaque perso a de quoi les gérer, rien qu’avec les reversals, sans compter les autres options propres à chaque perso.
        Et les points de vie dans un jeu ou tu peux tuer en 2 -3 combos, c’est pas un argument…. devoir faire un combo supplémentaire sur un perso pour le tuer, ça change pas grand chose, ce qui est important c’est les options de chaque perso, et dans ce jeu, les persos ne manquent pas d’options pour tout gérer, que ce soit des reversals, des coups anti projo, pour changer le momentum des sauts, les coups avec des frames d’invul, etc…

        Bref si tu es un débutant qui ne sait pas gérer les persos adverses, c’est pas grave, pas de mal à être débutant, mais porter un jugement sur l’équilibrage d’un jeu qu’on est très loin de maitriser, jusqu’à parler de nerf, ça me fait bien rire.
        D’ailleurs le perso le plus fort du jeu, c’est Grave.

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