TEST – Garage

Avec son ambiance apocalyptique et son style en pixel-art fleurant bon les années ’90, Garage, l’exclusivité Nintendo Switch, a mis beaucoup de monde en émoi lors de son annonce aux Nindies de mars 2018. Alors, bon jeu avec scénario de seconde zone…ou jeu de seconde zone ?

Des voitures en flammes, un héros blessé et amnésique, des scènes de carnage, un filtre d’image imitant les vieilles TV cathodiques… Le décor est planté : catapulté dans une horreur sans nom, vous allez en baver. Butch l’ancien dealer se retrouve piégé dans le Garage, un ancien centre commercial, et va devoir lutter pour sa survie contre des zombies. Pour ce faire, tout un arsenal est à votre disposition : coups de poing, coups de pied, hache, armes à feu… Rien ne sera superflu car vos ennemis vous sauteront littéralement à la gorge, parfois de manière inattendue, à même de vous provoquer des sursauts de surprise. Ennemis qui seront des zombies plus ou moins rapides, plus ou moins capables d’encaisser les coups, des soldats armés, des boss…ainsi que des rats. Des rats, insignifiants ? Loin de là ! Ils font partie des ennemis les plus pénibles du jeu, mais n’y voyez pas là une volonté des développeurs. C’est le premier défaut du soft, mais aussi l’un des plus pénalisants pour un jeu de tir : la visée est très imprécise.

Film à petit budget

Le réticule est plutôt déconcertant car beaucoup trop éloigné à l’écran à moins de manier le stick avec précision (ce qui est presque impossible lorsqu’on est assailli de toute part), et vous manquerez très souvent votre cible, devant vous référer à la position corporelle de votre personnage. Les coups de pied, avec des hitboxes très fines, ne seront utiles que lorsque votre personnage est en parfait alignement avec l’ennemi. Si ce dernier est petit et dispose d’une hitbox très fine lui aussi, comme les rats par exemple, il va être très compliquer de s’en débarrasser. Le jeu est déjà relativement exigeant de base avec la gestion des munitions et des temps de rechargement (il vous propose même par défaut de débuter l’aventure en mode facile), et cette tare n’aide en rien.

Un deuxième défaut du jeu de Zombie Dynamics est dans la lisibilité globale du titre. Si l’absence de lumière participe à l’ambiance horrifique très réussie du titre avec pour seuls éclairages de minces néons, il est difficile certaines fois de distinguer les détails. Cela devient un vrai problème si vous comptiez jouer à Garage en mode portable en pleine journée : même lorsque la luminosité de votre console est aux max, vous n’y verrez pas grand chose l’expérience devient dès lors désagréable. Les paramètres du jeu n’offrant pas de possibilité de régler la luminosité du jeu, vous devrez faire. Dommage, alors qu’il serait si simple de palier ce problème, mais le jeu a un goût d’inachevé qui se répercute à plusieurs échelles. Les petits freezes lors des sauvegardes automatiques, les temps de chargement, la consommation de batterie en mode portable qui fond comme neige au soleil (pas aidée par le réglage de luminosité de l’écran), et même le chapitre 10 carrément manquant. Blague des développeurs ? Comme dans les films à petit budget dont Garage s’inspire, on sent plein de volonté de la part des développeurs mais des moyens limités qui ont une répercussion.

Il y avait pourtant de l’idée

Quel dommage, car quelques passages offrent de réelles bonnes sensations et occasionnent des scènes sympathiques au cours de la brève mais intense aventure (5 heures environ) : les combats de boss, une virée en moto et en train, les “trips” de Butch après avoir avalé des comprimés donnent une vraie identité au jeu. Même le scénario, digne d’un film de série B avec un savant fou, l’armée et un mystérieux interlocuteur, est plaisant à suivre. Le jeu a un vrai cachet, renforcé par le pixel-art et ce filtre d’image dont nous parlions plus haut. Il y a un vrai parfum de films des années ’90, si enivrant parfois. L’aspect survie est plaisant aussi, avec la gestion du stress et de la santé de Butch grâce à des barres chocolatées, boissons énergisantes et trousses de santé, ainsi que la gestion des ressources et l’ambiance oppressante. Un mot aussi sur un choix des développeurs intéressant lorsque les ennemis apparaissent, mais qui peut être déroutant de prime abord : alors que le décor est affiché entièrement à l’écran, les ennemis ne sont visibles que si votre personnage peut les voir. Comprenez par là qui si un ennemi passe à un moment donné derrière une caisse ou autre élément du décor, ils disparaitront de l’écran avant d’apparaitre de nouveau quand votre personnage aura le champs de vision dégagé. Il faudra être alors attentif aux sons pour ne pas se laisser acculer dans un coin : les ennemis étant “physiques” et ne pouvant pas être traversés par une roulade ou autre, c’est le game over presque assuré ! Une bonne idée qui ajoute du réalisme et augmente la tension. Enfin, les niveaux sont bien conçus, avec des interactions agréables avec beaucoup d’éléments du décor (carton, ateliers de fabrication, portes et autres interrupteurs) ; décor très fourni par ailleurs. Mais l’ensemble ne fonctionne malheureusement pas aussi bien qu’on aurait pu l’espérer.

Avis final
  • 60%
    Avis final - 60%
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Résumé

Garage aurait pu être un jeu culte dans la veine d’un Hotline Miami. Malheureusement, son gameplay imprécis couplé à plusieurs problèmes de réalisation en font un titre qui donne beaucoup de regrets. Quelques moments dans l’aventure valent quand même le coup et apportent de vraies sensations, ce qui renforce l’attachement coupable à ce titre et la légère amertume qu’il dégage.

Envoi
Note des joueurs :
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A propos de l'auteur :

Metabee

Joueur de 25 ans qui aime les jeux de plateforme, de sport, d'aventure, de réflexion, et la tartiflette. Kostas FC

a écrit 89 articles sur Switch-Actu.

Un commentaire pour “TEST – Garage

  1. Dommage il avait l’air sympa. Merci pour ce test parceque c’est assez difficile de trouver un avis sur ce jeu sur le net.

    Par contre Metabee, d’habitude je suis pas du genre à pinailler mais là, ça me pique les yeux !
    “Malheureusement, son gameplay imprécis couplé à plusieurs problèmes de réalisation en fond” (FOND ? Fond d’écran ? lol)

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