Star Wars Battlefront: Classic Collection – Un retour entâché – TEST

Star Wars Battlefront: Classic Collection - Un retour entâché - TEST
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Star Wars Battlefront I et II. Dois-je ajouter quoi que ce soit ? Les plus nostalgiques d’entre nous n’auront pas besoin de plus pour ressentir des frissons de plaisir quant à l’évocation de ces mastodontes du jeu PC du début et milieu des années 2000. Annoncés en février sur Nintendo Switch et autres plateformes pour mars 2023, la compilation d’Aspyr est prometteuse : nous ramener presque 20 ans en arrière dans un jeu au gameplay inchangé, mais avec des serveurs tout neufs et la possibilité de jouer jusqu’à 64 personne. Promesse tenue ? Clairement pas sur tous les points.

Avant propos : ce test de Star Wars Battlefront: Classic Collection risque d’être modifié dans les jours / semaines à venir selon les corrections apportées par Aspyr à sa compilation des deux jeux. Si tel est le cas, le test d’origine sera gardé et une partie complète sera dédiée à la mise à jour de notre critique. La note d’origine sera modifiée, mais rappelée dans le paragraphe de conclusion.

Un plaisir inchangé …

S’il y a bien une série de jeux qui peut définir mon histoire du jeu sur PC, c’est celle des Star Wars Battlefront. Lorsque j’ai découvert, grâce à mon frère qui se l’est procuré sur eBay, le premier épisode, il est peu de dire que ma vision du gaming a changé. C’est sans aucun doute possible sur ce jeu que j’ai découvert ce qu’était le plaisir du jeu en ligne, du FPS/TPS multijoueur avec des modes de jeu différent. J’en ai même profité pour faire la campagne entière, avant de passer sur le deuxième épisode. De ce fait, au vu des centaines d’heures de plaisir que j’ai pu prendre à parcourir les cartes des deux jeux, avec un certain affect pour Hoth dans le deuxième opus et les modes Assault (où l’on incarne Jedi, Sith et autres personnages importants) ou, mieux encore, le mode dans l’espace … il était particulièrement clair dans ma tête que je n’attendais qu’une chose : pouvoir y rejouer sur une plateforme plus récente, avec des serveurs en ligne ouverts et complets.

Au détour d’un Nintendo Direct: Partner Showcase que je n’avais même pas pu suivre à sa publication sur YouTube, Nintendo et Aspyr ont annoncé conjointement le portage des deux jeux, sous le nom de Star Wars Battlefront: Classic Collection. Il n’était pas question d’une exclusivité Nintendo Switch, puisque la compilation est disponible aussi sur consoles Sony et Microsoft, ainsi que sur PC. À partir de ce 21 février au soir, je n’ai vécu (presque) que dans l’attente de la sortie ce 14 mars 2023. Le rêve de pouvoir de nouveau profiter de ces jeux qui nous mettent dans la peau de soldats rebelles, impériaux, de droïdes en tous genres, de clones et même de Jedi et de Sith, le tout dans des lieux emblématiques de l’histoire de Star Wars, était à portée de main.

S’il y a bien des choses négatives à dire sur ces portages, malheureusement, je vais d’abord commencer par ce qu’il y a de positif : quel pied. Mais quel pied. Pouvoir rejouer à ces deux jeux qui ont forgé mon enfance de joueur aux côtés des licences Nintendo, aux côtés de The Legend of Zelda: Ocarina of Time. Quel pied de pouvoir de nouveau prendre les commandes d’un X-Wing dans une escarmouche spaciale, où la loi du meilleur pilote reigne dans l’espace pendant que les soldats les plus aguéris partent à l’assaut des vaisseaux ennemis. S’il m’a fallu quelques heures pour reprendre en main les jeux (mon live sur le jeu parle de lui-même), d’autant que j’y jouais au clavier et souris à l’époque, je peux enfin profiter de nouveau de Star Wars Battlefront I et II et surtout de son mode en ligne, évidemment devenu plutôt archaïque mais provoquant toujours le même plaisir qu’il y a bientôt 20 ans.

Mais terni de bugs et d’un mode en ligne déserté

Vous l’aurez compris, si comme moi vous êtes très nostalgique de cette époque et surtout de ces deux jeux, la promesse d’un portage à l’identique est plus que tenue ; même le bug de ressources infinies avec Chewbacca en mode Assault sur Tatooïne est resté tel quel, c’est dire. Mais c’est aussi ce type de bugs toujours présent qui va nous amener à ce qui fâche dans ce jeu. Si ceux de l’époque n’ont semble-t-il pas été corrigés – bien que cela permette aux jeux de garder leur charme de l’époque, il est clair que les équipes d’Aspyr n’étaient pas à la hauteur du portage de ces classiques du jeu-vidéo.

Et c’est avant tout le mode en ligne qui en a subi les conséquences. Lors de la sortie du jeu le 14 mars 2024, des dizaines de milliers de joueuses et joueurs ont voulu embarquer dans la hype de la re-sortie de ces deux opus … pour quelques centaines de places disponibles dans les serveurs dédiés officiels de l’éditeur. Si vous n’aviez pas de place dans ceux-ci, il fallait vous rabattre sur des serveurs créés par la communauté, au risque de subir leur mauvaise connexion et, pire encore, la fin de partie imposée par l’hôte, qui a tout simplement quitté le jeu. Et même lorsque tout se passait bien, le ping incensé causé par les serveurs d’Aspyr pouvait couper court à votre joie, sans crier gare, en vous déconnectant.

Ce n’est évidemment pas tout, puisqu’il n’est pas rare non plus d’avoir droit à une liste de serveurs complètement vide, forçant à redémarrer le jeu, ou à une réparation bloquée en pleine partie. N’oublions pas les problèmes de commandes innaccessibles forçant à quitter entièrement le jeu pour revenir, ou même les crashs complet qui forcent la console à revenir au menu principal de la Switch. Difficile de comprendre comment autant de bugs peuvent avoir été ajoutés au jeu … d’autant que la compilation pèse pas moins de 33.6Go sur notre console hybride préférée, là où les jeux d’origine se limitaient à moins de 10 Go au total sur PC. Et que l’on ne me dise pas que les dialogues et cinématiques prennent de la place : les doubles français n’existent plus et les cinématiques de 2004 et 2005 boostés à l’IA ne sont clairement pas si gourmandes en espace de stockage.

Pour finir, la version Nintendo Switch du jeu est déjà presque désertée par la communauté à l’heure où ces lignes sont écrites … quatre jours après la sortie officielle. Pourtant bien placé dans le top eShop des dernières sorties, Star Wars Battlefront: Classic Collection semble subir les défauts de développement des équipes d’Aspyr. Les deux jeux confondus, je n’ai pour l’heure absoluement jamais vu plus de 40 personnes connectées. Bien évidemment, pour conclure en beauté sur tous les problèmes du jeu et de ses modes en ligne, le crossplay n’existe tout simplement pas. Cela aurait été l’occasion de réunir tout le monde pour profiter de la promesse des parties à 64 personnes, mais non : vous jouerez avec des bots et une poignée d’êtres humains, s’il y en a.

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  • Aspyr, ne brisez pas nos rêves - 60%
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Aspyr, ne brisez pas nos rêves

Je n’ai qu’une demande à faire à Aspyr : corrigez les problèmes de vos satanés serveurs … et ouvrez le crossplay. Laissez les bugs de l’époque, gardez les menus désuets, demandez nous encore 10 Go de téléchargement si ça vous chante, mais ouvrez le jeu à des parties multiplateformes, je vous en supplie. Sans cela, votre jeu sera désert sur Nintendo Switch d’ici quelques semaines et, je pense, ailleurs aussi. Je suis tellement heureux d’avoir retrouvé le plaisir de ce gameplay unique de mon enfance, mais particulièrement frustré du traitement auquel il a droit. Nous retrouvons bien du plaisir à jouer aux Star Wars Battlefront, mais certainement pas celui de l’interraction entre joueuses et joueurs.

Les +

  • Un plaisir monstre à retrouver les deux Battlefront
  • Une grosse dose de nostalgie
  • Des modes inchangés, un gameplay intact
  • Le jeu tourne très bien sur Switch
  • Un portage qui n’a pas oublié le jeu en ligne

Les -

  • Des bugs en ligne, tout le temps, partout, qui arrivent à tout gâcher
  • Plus de 30 Go à télécharger ?!
  • Pas de crossplay
  • Doublage français oublié
  • Un jeu clairement dédié aux nostalgiques
  • Un prix un peu trop élevé


DesBen
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Benjamin DESTREBECQ - Joueur de 29 ans, fondateur du site Switch-Actu.fr, je suis passionné par le jeu-vidéo depuis The Legend of Zelda: Ocarina of Time. Je joue sur Nintendo Switch, Xbox One, PlayStation 5, parfois sur mon smartphone. Rédacteur freelance, j'ai également un certain affect pour le webdesign, à mon niveau.