Resident Evil 7 biohazard : une famille horrifique – TEST

Par le 23 Fév 2026 à 16:00 - Temps de lecture : 5 minutes

Capcom a décidé de se faire plaisir sur Nintendo Switch 2 : après l'arrivée de Street Fighter 6 l'année dernière sur la console et avant la sortie de Pragmata le 24 avril prochain, c'est la série Resident Evil qui est mise à l'honneur. Et pas qu'un peu, puisque ce sont trois épisodes qui débarquent dès le 27 février sur Switch 2, dont Resident Evil requiem qui sort le même jour sur toutes les plateformes et les deux derniers jeux de la licence, à savoir Resident Evil 7 biohazard et Resident Evil Village. Intéressons-nous de plus près à la septième cuvée, sortie à l'origine en 2017 et qui avait pour mission de redorer le blason de la série, fragilisé après l'accueil mitigé de Resident Evil 6. Objectif atteint ? Portage de qualité sur Nintendo Switch 2 ? Voyons cela tout de suite.

(Extraits de Resident Evil 7 sur Switch 2 à partir de la 30ème minute)

L'histoire de Resident Evil 7 vous amène dans la Louisiane, en plein été 2017. Vous incarnez Ethan Winters, un homme préoccupé par la disparition de sa femme Mia trois ans plus tôt. Sans nouvelles depuis tout ce temps, l'espoir renaît lorsqu'il reçoit un mail et une vidéo d'elle, le suppliant… de ne pas chercher à la retrouver et de l'oublier, au nom d'un danger mortel. Bien sûr, Ethan fait tout l'inverse et se rend au cœur d'une ferme d'apparence abandonnée, pour tenter de retrouver la trace de sa bien-aimée. Mais cette demeure n'est pas si abandonnée que cela, comme en témoignent les nombreuses rumeurs et disparitions qui l'entourent…

Une horreur à tous les points de vue

Sans évoquer tous les aspects, il faut tout de même noter la réussite totale de l'introduction du jeu, qui vous met complètement dans l'ambiance avec une excellente mise en scène, à la fois inquiétante et répugnante. Vous faites la connaissance de la famille Baker, une joyeuse petite troupe qui cherche à découper en petits morceaux tout individu qui aurait l'audace de se présenter chez eux tout en se nourrissant exclusivement de restes humains (bon appétit !). Quant à Mia, elle est malheureusement mal en point et semble être sous le coup d'une infection qui la transforme en être malfaisant.

Autant le dire tout de suite, ce Resident Evil 7 est particulièrement dérangeant, ce qui se retrouve dans tous les pans de sa direction artistique. Vous ne serez que rarement exposé à la lumière, tandis que tout ce que voit Ethan provoque du dégoût. Entre les démembrements, les murs couverts de sang ou d'une étrange matière noire, les asticots présents dans chaque plat ou bien la chair humaine que vous devrez parfois trifouiller, l'expérience est violente. L'horreur s'accentue avec le « jeu » dans lequel vous vous sentez pris avec la famille Baker, chacun de ses membres essayant de vous piéger et vous poussant à vous cacher d'eux. Leurs râles et leurs hurlements procurent des frissons car c'est à ce moment que vous savez qu'ils ne sont pas loin et que vous pouvez tomber sur eux au détour d'un couloir ou derrière une porte.

Cette peur est renforcée par l'immersion procurée par la vue à la première personne : on se sent réellement dans la peau d'Ethan, à tel point que j'ai plusieurs fois sursauté durant mes sessions grâce au réalisme apporté par le RE Engine de Capcom. Etant un adepte de la vue à la troisième personne, j'aurais apprécié que soit donnée la possibilité de choisir entre les deux, surtout lors de pénibles moments où le danger est au niveau de notre épaule mais que la caméra ne tourne pas suffisamment vite pour le cerner. Toutefois, je dois bien reconnaître que tout le charme de Resident Evil 7 repose sur ce sentiment de ne faire qu'un avec le protagoniste et de se sentir réellement comme la proie de cette famille de tarés.

Classique mais monstrueusement efficace

Le gameplay pur est quant à lui plutôt classique mais terriblement efficace. Les Baker ne sont pas la seule menace de cette ferme puisque des créatures noires appelées mycomorphes, résistantes mais pas particulièrement intelligentes, vont vous barrer la route assez souvent et parfois vous surprendre en surgissant de la matière noire ou en vous attendant derrière une porte.

Ces laiderons constituent malheureusement l'essentiel du bestiaire, avec quelques variantes de cette espèce et deux ou trois autres monstruosités. Vous trouverez de quoi vous défendre en explorant les lieux, mais attention car Resident Evil 7 impose au joueur de gérer avec parcimonie les ressources qu'il trouve car elles sont fortement limitées même au niveau de difficulté normal. Vous avez donc intérêt à ne pas gaspiller vos balles et à bien viser les ennemis, tout en privilégiant la fuite lorsque la situation l'impose. Votre inventaire, tout comme votre santé, sont eux aussi limités même si vous aurez l'occasion de les améliorer au fil du périple.

L'exploration des différents bâtiments est indispensable pour trouver toutes les ressources possibles, que ce soit pour dénicher des éléments chimiques utiles pour fabriquer des soins ou des munitions, ou encore pour trouver des clés ou autres outils dont vous aurez besoin pour vous frayer un chemin dans ce cauchemar. Les énigmes de Resident Evil 7 sont dans l'ensemble intéressantes à résoudre et dans la lignée de ce qui se faisait dans les premiers jeux de la série. Elles vous poussent à faire des allers-retours entre différents lieux pour comprendre certains mécanismes ou partir à la recherche d'éléments que vous auriez oublié dans les salles précédentes. Heureusement, vous pouvez compter sur les points de sauvegarde disséminés dans quelques endroits stratégiques pour souffler et faire le point sur votre inventaire et la suite du périple.

Ce périple, justement, tient en haleine sur toute la durée du jeu ou presque. L'histoire est aussi glauque que le reste de l'univers, avec les coups de folie consécutifs du père, de la mère ou encore du fils Baker. Plus vous avancez, plus vous découvrez la noirceur du tableau global et le rôle des autres acteurs impliqués. Toutefois, la fin du jeu paraît légèrement en deçà du reste en raison notamment d'un gameplay devenu plus bourrin avec des armes plus explosives et des munitions moins rares. Rien de suffisant malgré tout pour ternir l'excellente expérience qu'est Resident Evil 7, un indispensable pour tout fan du genre, et qui est le jeu le plus horrifique auquel j'ai pu jouer.

Resident Evil 7 sur Nintendo Switch 2 : un portage aussi réussi que le reste ?

Mais alors, que vaut ce portage de Resident Evil 7 sur Nintendo Switch 2 ? Cette version de Resident Evil 7 biohazard est la Gold Edition, qui contient donc tous les contenus proposés jusqu'à maintenant, c'est-à-dire des boîtes contenant des objets utiles pour l'aventure et des DLC peu intéressants, qui ne prolongent pas l'histoire et s'avèrent très courts. Notons que le gyroscope est supporté et c'est une bonne nouvelle pour les personnes comme moi qui peinent à viser convenablement avec les sticks seuls. Mais je crois savoir que ce qui vous intéresse réellement et peut vous décider pour l'achat du jeu sur l'hybride de Nintendo, c'est surtout concernant sa technique.

Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, le bilan est très positif. Le jeu est originellement sorti sur PS4 et Xbox One donc il n'est pas surprenant de le voir bien tourner sur la nomade de big N, mais il convient toutefois de souligner le bon travail effectué par Capcom. Le titre ne pousse pas la console dans ses retranchements et tient très bien les 60 fps, aussi bien en mode TV et en mode portable que dans les moments d'action un peu plus poussés. Les textures sont pour la plupart fidèles et détaillées, mais on regrettera la modélisation des cheveux qui semble décidément bien difficile sur Switch 2 pour Capcom, après les exemples de Resident Evil requiem ou encore Pragmata. Resident Evil 7 est donc une expérience tout à fait appropriée sur Switch 2, agréable en mode portable et sublimée par le port d'un casque pour profiter des nombreux effets sonores qui renforcent l'immersion.

Conclusion - Un portage réussi pour cette famille en or

88%

Resident Evil 7 biohazard est une expérience qui vaut le détour pour tout fan du genre de l’horreur. Mêlant tension, gestion des ressources et moments de peur comme il y en a rarement dans les jeux vidéo, cet épisode est une vraie réussite aussi grâce à la qualité de son immersion. Le portage sur Nintendo Switch 2 a aussi bénéficié d’un certain soin, ce qui vous donne l’opportunité de découvrir ce grand classique dans de bonnes conditions. Ce ne sont pas le bestiaire peu étoffé et quelques soucis de maniabilité avec la caméra qui vont gâcher le tableau. Impossible de ne pas recommander ce Resident Evil 7 à tout adepte de l’horreur, mais aussi à tout curieux qui souhaiterait découvrir le genre.

Les +
  • Une ambiance et une direction artistique glauques qui donnent le ton
  • La famille Baker, personne n’en voudrait
  • Une progression rythmée et maîtrisée
  • Des énigmes bien trouvées
  • Un vrai sentiment de peur tout au long du jeu
  • Une durée de vie équilibrée
  • Un bon portage sur Nintendo Switch 2
Les -
  • Un bestiaire perfectible
  • De très légers soucis de caméra lors de mouvements rapides
  • La fin du jeu, un poil en dessous du reste
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