Depuis la sortie de la Nintendo Switch 2, les portages de jeux tiers marquent leur territoire, faisant partie intégrante du catalogue de la console au vu des bons retours ; l’on peut notamment citer Cyberpunk 2077 ou Star Wars Outlaws. Alors on est en droit d’en attendre de même pour Final Fantasy VII Remake, d’autant plus que cet opus possède une certaine symbolique par rapport à Nintendo, puisque c’est le jeu original, Final Fantasy VII qui avait fait passer la licence sur les consoles Sony. Une sorte de réconciliation avec ce portage, qui devrait au moins durer jusqu’au dernier opus du remake, le jeu étant séparé en trois parties.
Midgar, nous (re)voilà
Si vous avez déjà joué au jeu original, vous connaissez sûrement la chanson : le jeu commence à Midgar, énorme ville industrielle bâtie par la Shinra. Dès notre arrivée, on incarne Cloud, un jeune mercenaire et ex-SOLDAT, missionné par le groupe Avalanche et accompagné de Barrett, Jessie, Wedge et Biggs pour détruire un réacteur mako. L’organisation réalise ce genre d’actions afin de protester contre la Shinra, qu’ils accusent d’épuiser la mako, énergie de la planète. Autoritaire et répressive, la Shinra ne se laissera évidemment pas faire, usant de la propagande afin d’incriminer Avalanche en transformant leurs revendications en acte terroriste. Mais revenons-en à Cloud, puisque pour lui, une « simple mission” va se transformer en véritable aventure, entre les démons du passé qui refont surface et la lutte contre la Shinra.



Adieu le tour-par-tour
Dans ce remake, on se rend vite compte d’une chose : le système de combat est complètement différent du jeu original, passant d’un tour par tour classique à un Action-RPG où il faudra naviguer entre les différents personnages pour venir à bout des ennemis.
Cloud Strife, muni de son épée, ne sera évidemment pas seul dans ce voyage à travers Midgar : Barret Wallace, dont on a déjà parlé plus tôt sera également de la partie. Grâce à son bras-mitrailleur, il pourra fusiller les ennemis à distance. Tifa Lockhart, amie d’enfance de Cloud, pourra quant à elle faire confiance à ses poings. Enfin, Aerith Gainsborough ne fera qu’un avec la planète grâce à son bâton, lui permettant de lancer des sorts de magie.
Mais ces 4 personnages ne seront pas tous jouables à la fois : déjà parce que le système de combat limite l’équipe à 3 personnages, mais aussi parce qu’en fonction de l’histoire, certains personnages se trouveront avec Cloud ou non. En tout cas, chaque personnage possède sa propre utilité, avec ses forces et ses faiblesses. Il faudra également se familiariser avec les compétences spéciales des personnages, comme Âme Brave de Cloud ou bien Enseignements Secrets de Tifa. Des compétences utilisables en remplissant la jauge ATB, tout comme pour les sorts de magie (Feu, Soin, Vénéfice…) ou encore pour les objets.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas avec ce format ! D’autant plus qu’avec les spécificités de chacun, il est opportun d’alterner maintes et maintes fois pour venir à bout des monstres les plus coriaces. Par exemple, Tifa est la seule à pouvoir augmenter le pourcentage de choc d’un ennemi : cette jauge, qui se remplit avec différentes attaques, permet de faire beaucoup plus de dégâts lorsque l’adversaire rentre en état de choc. Tifa, à l’aide de différentes compétences, sera en capacité de faire monter ce pourcentage, allant jusqu’à tripler les dégâts infligés. Il faudra aussi s’armer des différentes matérias, accordant un pouvoir unique à un personnage, comme la maîtrise des éléments, le soin ou encore une augmentation des PV. Lorsque certains adversaires sont vulnérables au vent, d’autres le sont à la foudre, et ainsi de suite, d’où l’utilité de bien équiper ses personnages. Enfin, il sera possible d’invoquer un Esper (une chimère) une fois par combat, de quoi bien aider face aux ennemis les plus coriaces.
Mine de rien, il y a tout de même des personnages plus agréables à prendre en main que d’autres. Cloud et Tifa sont les deux plus rapides et seront donc les plus faciles à incarner. Quant à Aerith, elle est assez lente, en plus d’infliger peu de dégâts et d’avoir peu de PV. Elle n’est pour autant pas non plus inutile, puisque c’est elle qui est dotée du plus haut taux de magie.



Pour vous aider à renforcer vos personnages, vous pourrez trouver une (courte) panoplie d’armes pour chaque personnage, ayant chacune leurs propres statistiques ainsi que leur nombre d’emplacements à matéria. De même pour les bracelets, tandis que les accessoires accordent différents bonus aux protagonistes. Revenons en aux armes, qui pourront être amélioré par le biais d’un arbre de compétences. Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas vraiment servi de ce dernier, mais il permet d’accéder à certaines améliorations bien utiles en cas de pépin.
Une histoire fragmentée mais développée
Si cet opus est qualifié de Remake, on peut tout de même dire qu’il est complètement différent de ce qu’on a pu connaître jusqu’ici : déjà parce qu’il faudra attendre le deuxième (Rebirth) et le troisième opus avant de pouvoir poursuivre l’épopée de Cloud Strife. Cette fragmentation reste cohérente et justifiée : ce remake développe comme jamais l’histoire principale, à l’instar des relations entre les personnages et les innombrables cinématiques. Et que dire des cinématiques ! Elles retranscrivent à la perfection les émotions des personnages, permettant encore plus d’admirer la beauté du scénario. Lors de mon périple, j’ai pris ces scènes comme des récompenses après de longs combats hauts en couleurs.
En revanche, si on n’a pas pris part au Final Fantasy VII original, de nombreuses questions nous restent dans l’esprit avec cet opus : avec tous les enjeux présentés en incarnant Cloud, il est difficile de tout comprendre avec la simple exploration de Midgar.



Du miel pour les oreilles
Je ne pouvais pas parler de ce jeu sans mentionner sa bande-son incroyable. Les habitués de Final Fantasy (et de Square Enix en général) connaissent déjà la magie des musiques de cette licence. Ce remake honore à la perfection le jeu original, en reprenant les musiques les plus iconiques de ce dernier. Mention spéciale pour Hollow, une musique signé Nobuo Uematsu qui avait déjà composé les musiques du FFVII original. On peut également citer la célèbre musique principale des combats. En revanche, quel dommage de ne pas plus entendre le son de victoire iconique ! Après avoir terrassé un ennemi, il arrivera à Barrett de le chantonner, mais rien de plus.
Une aventure trop linéaire
C’est le gros point négatif de cet opus : le peu de liberté qu’offre Square Enix dans Final Fantasy VII Remake. Le jeu est beaucoup trop linéaire et il faudra bien s’en accommoder, avec de longs couloirs sans fin. Lorsqu’on est en capacité de choisir entre deux chemins, c’est bien trop souvent pour récupérer un coffre, dans lequel se trouve un objet presque anecdotique (une énième super-potion, par exemple). Rares sont les chapitres où le jeu offre la possibilité au joueur de faire des choix, par le biais des quêtes secondaires ; bien que ce n’est là encore pas non plus une grande réussite. Le jeu s’articule autour des chapitres et si on a le malheur de ne pas participer aux missions au moment où le jeu le veut, il faudra refaire tout le chapitre pour les compléter.
Des quêtes logiquement primordiales pour la complétion, mais sans intérêt direct : battre un monstre par ci, livrer des médicaments par là… Allez, il y en a tout de même certaines qui se montrent intéressantes et stimulantes, comme celle où Cloud devra participer à un concours de squat. On quitte un peu le “ je dors combat, je mange combat, je travaille combat ” avec cette partie où il faudra appuyer sur les boutons dans le bon rythme. Sinon, ces quêtes secondaires influeront sur certaines cinématiques annexes dans le jeu, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. On retrouvera aussi les rapports d’analyses de Chadley, où l’on pourra prendre part à des combats virtuels, dans le but de récupérer certaines matérias d’invocations. Sur ce coup, ces combats auront le mérite d’apporter un peu de challenge au joueur.



Où est le post-game ?
En plus de l’absence de liberté dans Final Fantasy VII Remake, il y a également un cruel manque de post-game. Après avoir terminé tous les chapitres du jeu, que faire ? A part la complétion totale et le mode difficile… Pas grand-chose. Parlons tout de même de ce mode difficile, disponible après avoir terminé l’histoire pour la première fois. Ici, tout se complique : les ennemis sont plus coriaces, il faudra donc être bien préparé avant de se lancer dans une seconde partie. Ce n’est pas tout : certains boss connaîtront quelques améliorations et surtout, il sera impossible d’utiliser des objets. Pour se soigner, il faudra donc compter sur la magie, à condition de l’utiliser à bon escient, puisqu’elle ne se régénère complètement qu’après avoir fini un chapitre. Malgré ces contraintes ajoutées, le mode difficile n’est pas non plus insurmontable ; mais il faudra prendre son mal en patience sur certains boss. A part ça, le “ post-game ” n’ajoute aucune nouvelle quête.
Le DLC Intermission, une toute nouvelle histoire shinobesque
Shu Shu Shu ! Bien qu’il n’y ait pas de post-game à proprement parler, le DLC Intermission est intégré à Final Fantasy VII Remake. Dans cette toute nouvelle histoire parallèle aux aventures de Cloud, Tifa et les autres, on incarne Yuffie Kisaragi, une jeune shinobie du Wutai, en pleine mission d’infiltration contre la Shinra pour récupérer des renseignements sur des matérias conçus par le pouvoir répressif. Yuffie ne sera pas seule, puisque Sonon Kusakabe, lui aussi Wutaïen, accompagne la jeune shinobie dans sa mission. Situé au même moment que les faits dans l’histoire principale, Yuffie fait également la rencontre de certains membres d’Avalanche.



Je virevolte comme le Chocobo !
Evidemment, Yuffie se dote aussi de ses propres spécificités en combat. Comme tout bon shinobi qui se respecte, elle manie à la perfection ses shurikens. A vrai dire, Yuffie est sûrement le personnage le plus facile à manier : sa compétence “ Ninjutsu élémentaire ” lui permet de prendre un élément et de l’utiliser pour chaque attaque. Par exemple, si elle se dote de l’élément de feu (Ninjutsu de feu), toutes ses attaques classiques seront comptées comme des dégâts de feu. Il suffit juste de connaître les faiblesses des adversaires pour faire très mal. Quant à Sonon, il n’est pas possible de le contrôler directement. Il est en revanche lui aussi doté de compétences spéciales à utiliser. Enfin, la particularité de ce duo, c’est de pouvoir attaquer de manière synchronisée : avec ce mode, les compétences spéciales se feront doublement.
Mis à part les spécificités des deux Wutaïens, les combats se déroulent de la même façon. Il faudra simplement se familiariser aux nouvelles compétences.



Le retour du Fort Condor
Un peu de repos après un enchaînement de combat ? Yuffie pourra s’essayer au Fort Condor, un mini-jeu déjà présent dans le FF7 original. Dans Fort Condor, on doit placer des » jetons de Condor » sur le plateau de manière stratégique afin non seulement de défendre nos trois tours, mais aussi d’attaquer celles de l’adversaire. Différents joueurs pourront être affrontés, avec des jetons de Condor à la clé, qui seront aussi disponibles à l’achat dans certaines boutiques. Une bonne activité qu’aurait déjà pu proposer l’histoire principale, avec un autre mini-jeu par exemple.



Une aventure courte, mais intense
Bien que ce DLC soit parallèle et non indispensable à la compréhension de l’histoire principale, il n’en est pas moins très intéressant et réussi. Cette aventure n’est pas des plus longues, mais a aussi le mérite d’avoir des cinématiques très touchantes. Le DLC Intermission a aussi une qualité pour les fans de la première heure : il s’agit d’une toute nouvelle histoire.
Un portage réussi ?
On commence à avoir l’habitude avec la sortie d’un jeu tiers sur Nintendo Switch 2 : on se demande tous si le jeu tient la route sur la nouvelle console de la firme japonaise. Et la réponse est oui : ce portage confirme les premiers échos venant des démos à la Paris Games Week et celle disponible sur le Nintendo eShop. Le jeu est beau et c’est un plaisir de pouvoir y jouer en mode portable. Ce sont les cinématiques qui mettent le plus en avant le travail de Square Enix sur ce portage. Les jeux de lumières et d’ombres sont particulièrement réussis, et les personnages sont eux aussi peaufinés. Quant au framerate, je n’ai personnellement pas aperçu de chute de fps en combat. Du côté des cinématiques, c’est également solide malgré des légers ralentissements qui n’ont pas de quoi poser de problèmes à leur beauté. Si on chipote, il est vrai que la texture des cheveux n’est pas parfaite, mais rien de très choquant.



Conclusion - Un portage qui donne envie de renverser la Shinra
Etant sorti en 2020, on pouvait déjà se faire une idée des aspects principaux de Final Fantasy VII Remake : son remaniement des combats, son histoire développée, ses cinématiques émouvantes… Le jeu reste logiquement le même dans son ensemble. Malgré toutes ses qualités, on lui reconnaît tout de même quelques défauts : sa linéarité oppressante et son manque de post-game en font parti. Le DLC Intermission reste le même, mais ça peut aussi être l’occasion de le découvrir pour la 1ère fois si vous n’avez pas pu y jouer auparavant, n’étant pas disponible sur la version PS4. Mais s’il y a bien une chose sur laquelle on attendait plus de renseignements, c’est bel et bien sur la qualité intrinsèque de ce portage. Vous l’aurez compris, cette version Nintendo Switch 2 est maîtrisé par Square Enix. Le 30 fps reste stable, que ce soit en combat comme pendant les cinématiques et le jeu se montre vraiment agréable visuellement. Niveau maniabilité, on se sent bien sur la nouvelle console de la firme japonaise : pouvoir prendre part à cette expérience depuis son canapé, de manière aussi fluide et sans perdre en ergonomie est un sentiment unique, même lorsqu’on a déjà fait le jeu une première fois sur une autre plateforme.
- Un portage réussi
- Une aventure émouvante, avec des cinématiques aux petits oignons
- Le nouveau système de combat, très plaisant à prendre en main
- Un bestiaire varié
- Le DLC Intermission, comme une cerise sur le gâteau
- Une bande-son envoûtante, fidèle au jeu original
- Un jeu trop linéaire
- Des quêtes secondaires parfois soporifiques
- Le manque de post-game

