Fatal Frame 2: Crimson Butterfly Remake, la terreur rouge s’abat sur Switch 2 – TEST

Par le 25 Mar 2026 à 15:00 - Temps de lecture : 3 minutes 30 sec
Fatal Frame 2 Crimson Butterfly Test Switch 2

Ce début d’année a été notamment marqué par Resident Evil Requiem, dont Jili vous a réservé un test savoureux. Mais un autre grand nom du jeu d’horreur s’est aussi invité récemment : le remake de Fatal Frame 2: Crimson Butterfly. Loin de l’action des Resident Evil, les Fatal Frame (ou Project Zero) proposent des virées cauchemardesques très particulières, empreintes du folklore japonais, terrifiant quand il s’agit de fantômes vengeurs. Que vaut ce remake du deuxième épisode, plus de 20 ans après la sortie du titre original ?

Les ailes du papillon

Fatal Frame 2: Crimson Butterfly commence comme il se termine : avec une certaine cruauté. L’intrigue place Mio et Mayu, deux soeurs jumelles, au coeur d’un affreux piège prenant la forme du village de Minakami (littéralement, « Tous les dieux »). Le joueur incarne Mio tandis que Mayu représentera une alliée passive et irrégulière qui aura tendance à mystérieusement disparaître… et à murmurer des paroles bien inquiétantes par moment.

Le patelin, figé dans le temps avec une architecture japonaise ancienne à des kilomètres des gratte-ciel de Tokyo, sera votre terrain de jeu. Entre l’obscurité étouffante qui y règne, ces maisons en ruines et ces sanctuaires glacials, Minakami est une formidable arène pour tout amateur d’horreur. Le jeu alterne entre exploration, infiltration et résolution d’énigmes, mélangeant parfois les trois en une seule séquence pour rendre chaque virée aussi angoissante que possible.

La réalisation du jeu, particulièrement léchée, fait la part belle à d’innombrables détails qui plonge aussitôt le joueur dans ce bain ténébreux. Impossible également de ne pas se sentir submergé d’angoisse par ce sound-design d’une incroyable qualité : entre les escaliers qui craquent, les portes qui grincent et les gémissements des fantômes qui rôdent aux alentours, Fatal Frame 2: Crimson Butterfly peut se targuer d’une ambiance sonore diaboliquement efficace.

La terreur que l’on éprouve dans le jeu provient également de l’effrayante sensation de vulnérabilité qu’il parvient à nous faire éprouver : Mio, bien que courageuse, reste néanmoins une jeune personne, seule et bien faible face aux assauts des esprits vengeurs qui hantent Minakami. Car loin de simplement errer, l’âme en peine, les fantômes de Fatal Frame 2 n’hésiteront pas une seule seconde à se jeter sur Mio et Mayu (par moment) et à massacrer ces dernières à la première occasion. Sans en abuser, le jeu place quelques jumpscares plutôt efficaces, notamment quand il s’agit d’ouvrir la moindre porte : un mouvement de caméra nous expose sans cesse à l’apparition brutale d’un esprit et il est impossible d’anticiper quand un tel événement se produira.

Des combats qui ont du plomb dans l’aile

Si les esprits vengeurs sont terriblement dangereux, Mio n’est pas totalement démunie face à eux : à la différence de nombreux jeux d’horreur, les Fatal Frame vous permettent de riposter face à vos ennemis, à une ou deux exceptions près. Munie de la fameuse Camera Obscura, arme emblématique de la saga, Mio peut photographier les esprits ce qui a pour effet de les exorciser. Plus la photo est de qualité, plus les dégâts sont importants, ce qui implique de s’approcher, mais pas trop, et de mitrailler au moment opportun.

Le gameplay de la Camera Obscura se veut plus subtil que cela avec quelques capacités spéciales ainsi qu’un système de munitions original qui consiste à alterner entre différents types de pellicules pour bannir les esprits de ce bas-monde. En soi, les pellicules se distinguent des unes des autres en fonction de leur puissance d’attaque et de leur vitesse de chargement : selon les ennemis, privilégier une pellicule ou une autre sera judicieux. Encore que, vous n’aurez pas toujours le luxe de choisir dans la mesure où les pellicules ne sont pas infinies (en-dehors de la plus basique) et plutôt rares, même en difficulté normale.

Sur le papier, les combats de Fatal Frame 2: Crimson Butterfly ont le mérite de proposer une approche très originale qui a cependant du mal à prendre son envol en pratique. Le principal souci est que le jeu n’en explique pas suffisamment les subtilités pour permettre au joueur de s’amuser : certains combats deviennent affreusement longs quand, sans qu’on comprenne trop pourquoi, nos clichés ne leur font perdre qu’une infime partie de vie. Dans d’autres cas, deux clichés suffisent, sans beaucoup d’explications non plus. Un constat que je ne dois pas être le seul à faire puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, Koei Tecmo a déjà sorti deux patches pour simplifier les affrontements.

Un récit sanglant qui perd brutalement en force

Un attrait évident de Fatal Frame 2: Crimson Butterfly est son histoire qui est à la fois une plongée diabolique dans le folklore japonais le plus ténébreux tout en restant accessible à un public occidental : qui n’a jamais tremblé face à une maison abandonnée ou à l’idée de tomber sur un fantôme au beau milieu de la nuit ? Et pour ce qui est des fantômes, le Japon s’y connait. Ajoutez à cela la sanglante histoire du village de Minakami et du mystérieux Sacrifice Écarlate et vous obtenez un récit horrifiant, choquant à bien des aspects, qui n’a rien à envier à des monuments du film d’horreur.

Mon seul regret réside dans la façon dont le jeu traite la conclusion de ce récit. Ou plutôt des conclusions car oui, le jeu propose pas moins de 5 différentes fins. Pour la petite anecdote, le jeu original est sorti successivement sur PS3, Xbox 360 et Wii, chacune ayant apporté des fins supplémentaires obtenues en fonction de quelques paramètres. Dans ce remake, cinq conclusion différentes sont donc accessibles mais à condition de finir le jeu au moins deux fois, ce que je trouve bien cruel. Quitte à développer un récit aussi fascinant, est-il obligatoire de devoir refaire le jeu plusieurs fois, sachant qu’une run en ligne droite vous prendra au moins 10 à 12h, et donc de s’infliger une nouvelle virée en enfer ?

Bien sûr, les fans absolus de Fatal Frame seront probablement ravis d’avoir un prétexte d’y retourner. Mais pour une audience moins accro, je trouve dommage d’imposer une nouvelle run pour explorer toutes les conclusions du jeu. Et ce, d’autant que la conclusion « canon » de Crimson Butterlfy tombe un peu à plat : le dernier affrontement est cruellement « anticlimatique » et la cutscene finale, bien que pleine de sens, manque un peu de mise en scène, comparé au reste du jeu. Il n’empêche que globalement, l’intrigue du jeu reste fascinante et ravira tout amateur d’histoires de fantômes.

Conclusion - Une terreur authentique mais qui a besoin d'ajustements

75%

Est-ce que Fatal Frame 2: Crimson Butterfly fait peur ? Oui, absolument. Est-ce que le remake est de qualité ? Très clairement. Une excellente réalisation, un sound-design de qualité et une intrigue terrifiante font que le jeu ravira tous les amateurs de jeux d’horreur et même au-delà. Néanmoins, le risque d’être rebuté par les affrontements à la Camera Obscura est présent, à moins que les patches successifs déployés par Koei Tecmo ne parviennent à rééquilibrer les choses. Car en-dehors de cet aspect, Crimson Butterfly est un jeu à ne pas louper !

Les +
  • Une atmosphère incroyable
  • Des graphismes de très bonne qualité
  • Un excellent sound-design
  • Un récit globalement fascinant
Les -
  • Des affrontements laborieux
  • Un accès aux différentes fins qui peut être clivant
Publié dans Tests, Tests de jeux
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