Sorti en décembre 2025, Farming Simulator: Signature Edition entend marquer un tournant pour la série sur console Nintendo. Après plusieurs adaptations jugées trop simplifiées sur Switch, GIANTS Software propose cette fois une version pensée pour la Switch 2 et inspirée directement de Farming Simulator 25. L'objectif est clair : ne plus offrir un compromis portable, mais une véritable simulation agricole comparable à celles disponibles sur consoles de salon et PC. La promesse est-elle tenue ?
Enfin un « vrai » Farming Simulator sur console Nintendo ?
Pendant longtemps, jouer à Farming Simulator sur machine Nintendo relevait davantage de la curiosité que de l'expérience complète. Les précédents épisodes Switch souffraient d'un contenu allégé et de mécaniques simplifiées et c’est là que la Signature Edition veut changer le cap.
Le jeu s'ouvre sur un court tutoriel qui explique les bases, puis vous laisse rapidement seul face à votre ferme. Labourer un champ, semer, fertiliser, récolter, vendre ou transformer sa production : la boucle de gameplay reste fidèle à la série. La différence, cette fois, réside dans l'ampleur. La gestion financière redevient centrale, les saisons influencent la stratégie et la météo impacte réellement la production. Autrement dit, on est enfin face à une simulation complète.
Trois cartes sont disponibles (américaine, européenne et asiatique) chacune introduisant ses particularités. La plus marquante est sans doute celle inspirée de l'Asie, qui introduit la culture du riz et une gestion de l'eau inédite dans la version Switch 2. La progression repose toujours sur la diversification : cultures céréalières, élevage ou sylviculture. Peu à peu, la petite exploitation peut se transformer en véritable entreprise agricole avec chaînes de transformation et contrats extérieurs.
Cette richesse rapproche clairement cette édition des versions PC et des autres consoles (hors Nintendo Switch première du nom, vous l’aurez compris). Plusieurs centaines de machines agricoles sous licences réelles, des dizaines d'animaux et environ 25 cultures différentes sont disponibles. Pour les habitués, le terrain est familier ; pour les nouveaux joueurs, l'impression est tout autre.
Une simulation dense, parfois intimidante
La grande qualité de ce premier Farming Simulator sur Switch 2 est aussi son principal obstacle, puisque le jeu jeu devient vite extrêmement exigeant. Le tutoriel, qui n’est sincèrement pas extraordinaire et fait penser à un jeu vieux de 20 ans, explique à peine l'essentiel et abandonne ensuite le joueur face à une multitude de systèmes imbriqués. Comprendre quelle machine acheter, comment nourrir ses animaux ou quand vendre ses récoltes demande du temps, que l’on a pas toujours.
Les premières heures peuvent être déconcertantes et peuvent vous faire perdre beaucoup d’argent (virtuel, évidemment). On passe presque autant de temps dans les menus et la documentation qu'au volant d'un tracteur. La simulation ne cherche jamais à simplifier son fonctionnement et chaque tâche requiert l'outil adéquat et la planification sur le calendrier agricole devient indispensable. C’est évidemment une excellente chose pour les puristes du genre, mais quand on ne connait pas … eh bien on ne connait pas et l’entrée en matière est rebutante.
Avec de la patience, la logique finit cependant par apparaître et, une fois les bases assimilées, la progression devient très satisfaisante. On commence par des contrats chez les voisins pour gagner de l'argent, on achète progressivement ses machines, puis on développe ses propres productions. La gestion de l'économie, des cycles saisonniers et de la croissance des cultures crée un rythme lent mais particulièrement addictif.






Fort heureusement, quelques aides aides existent. Des ouvriers contrôlés par l'IA (pas la générative, mais juste des PNJ comme on les connait depuis toujours dans le jeu-vidéo) peuvent prendre en charge certaines tâches répétitives et permettent d'automatiser les activités les plus longues. Le jeu propose également plusieurs niveaux de difficulté qui modifient les finances initiales et l'accompagnement. Malgré cela, la courbe d'apprentissage reste abrupte.
Une adaptation Switch 2 intéressante, mais clairement imparfaite
Sur le plan technique, la différence avec la précédente génération, sur Nintendo Switch, est immédiate. L'affichage est plus net, la distance d’affichage nettement améliorée et les environnements plus crédibles et plus réalistes. Les machines agricoles sont bien plus soignées, jusque dans les détails mécaniques et sonores. Les moteurs, les outils et les équipements possèdent chacun leur signature audio, contribuant fortement à l'immersion.
Mais malgré tout, la réalisation reste vraiment inégale. Le framerate, qui plafonne à 30 FPS, peine parfois à maintenir une stabilité, notamment autour de la ferme principale. Des ralentissements fréquents et quelques bugs visuels apparaissent, allant de collisions imprécises à des pertes temporaires de contrôle des véhicules. Et ne parlons pas des PNJ qui sont droits comme des poteaux morts ou des éléments de décor aussi solides qu’une pierre de 3000 tonnes (alors qu’il s’agit parfois d’un poteau électrique en bois qui n’est pas censé faire le poids contre une moissonneuse).


Certaines fonctionnalités manquent également, comme l'absence de multijoueur qui frustre encore et toujours pour une licence pourtant connue pour sa communauté active. L'interface, très dense, souffre parfois de textes petits sur écran portable, même si l'écran tactile facilite heureusement la navigation dans les menus.
Conclusion - On avance, mais ça n'est toujours pas exceptionnel
Farming Simulator: Signature Edition représente la meilleure version de la licence jamais sortie sur une console Nintendo. Le saut qualitatif par rapport aux anciens épisodes Switch est indéniable : contenu plus complet, mécaniques plus crédibles, vraie gestion agricole, graphismes nettement améliorés et une expérience qui ne donne plus l'impression de jouer à une adaptation allégée pensée pour du mobile.
Pour autant, tout n'est pas encore totalement au niveau. La technique reste irrégulière, l'absence de multijoueur pèse, et surtout le jeu continue de laisser les nouveaux venus livrés à eux-mêmes. Une fois les systèmes compris, la routine devient prenante et satisfaisante comme sur n’importe quel Farming Simulator. Mais c'est un jeu exigeant, parfois trop, qui ne fait aucun effort pour séduire rapidement malgré les années.
Au fond, le problème n'est pas tant le jeu lui-même que la comparaison inévitable avec les autres plateformes. Même si cette Signature Edition est intéressante sur Switch 2, on ne peut s'empêcher de regarder du côté des versions PC, PlayStation ou Xbox qui sont plus fluides, plus belles, plus complètes et plus confortables à jouer. On tient là une adaptation tout à fait respectable et honorable, mais qui doit faire des concessions pour fonctionner avec le côté hybride de la console et qui n’est, selon moi, pas encore la version idéale.
- Une version plus complète que les anciennes sur console Nintendo
- Contenu plus riche et simulation plus crédible
- Boucle de gameplay lente mais toujours aussi addictive
- Jeu bien adapté aux sessions portables
- Visuellement bien meilleur que sur Switch première du nom
- Performances irrégulières (30 FPS instable et bugs visuels)
- Tutoriel insuffisant et apprentissage rude
- Pas de multijoueur
- Reste moins confortable et moins abouti que sur les autres plateformes

