Dynasty Warriors: Origins, l’heure est au renouveau – TEST

Par le 16 Jan 2026 à 15:00 - Temps de lecture : 4 minutes 30 sec
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L’an dernier, et après un neuvième épisode qui a déçu beaucoup de fans de la série (bien que nous ayons plutôt apprécié son spin-off Empires), Koei Tecmo et le studio Omega Force ont tenté le tout pour le tout : rebooter l’une de leurs licences phares. Un peu moins de trente ans après les humbles débuts de la série sur PS1, on abandonne la numérotation pour revenir aux fondamentaux, avec cet épisode intitulé Dynasty Warriors: Origins. Un pari ambitieux qui m’avait personnellement plutôt convaincue quand j’y avais joué sur PS5. Mais alors que le jeu débarque le 22 janvier 2026 sur Switch 2, l’heure est venue de le présenter à celles et ceux qui ne s’y sont jamais essayés, mais aussi de faire le point sur cette version.

On n’est (pas) là pour blablater

L’attrait des Dynasty Warriors a toujours été simple: un peu de stratégie, beaucoup de bagarre, et la possibilité de découper dans chaque mission des centaines d’ennemis à la pointe de votre arme. Une formule efficace, déclinée à de multiples reprises (Fire Emblem Warriors, Hyrule Warriors…), sur laquelle le studio s’est toujours appuyé avec confiance. Mais après toutes les critiques faites au neuvième épisode, Omega Force a sans doute souhaité regarder les fans dans les yeux et leur dire, tel un partenaire infidèle, « promis, cette fois, j’ai changé ». Et je ne vais pas mentir : j’avais un peu peur de ce changement, trop attachée à ma routine habituelle. Peur du changement pour le changement, peur de perdre, aussi, ce qui faisait la spécificité de la série, en particulier ce côté assez arcade qui permet de jouer tout en posant son cerveau, tout en restant engageant.

Ce qui surprend et perturbe de prime abord, c’est le caractère très verbeux du jeu. Dynasty Warriors: Origins est sans nul doute le titre de la série qui met le plus l’accent sur l’histoire, toujours inspiré du classique Roman des Trois Royaumes et mettant en scène ses héros devenus légendaires dans l’imaginaire collectif chinois. Mais, alors que les jeux précédents vous permettaient d’incarner lesdits héros, ce nouvel opus vous met dans la peau d’un personnage principal mutique au physique presque trop beau pour être vrai.

On traverse la (très jolie, au demeurant) carte du monde en passant d’une cinématique à l’autre, incarnant cet homme amnésique surpuissant, donnant souvent une impression d’être un peu le spectateur des aventures d’autres personnages plus intéressants. Cette histoire désespérément creuse et répétitive est sans doute le principal point faible du titre, et je me suis surprise plusieurs fois à pester devant mon écran « mais laissez-moi juste taper des gens, bon sang ».

La baston, c’est ça qu’est bon

Heureusement, quand on se retrouve enfin en combat, le titre retrouve un intérêt certain. Sans aucun doute possible, Dynasty Warriors: Origins possède le meilleur système de l’histoire de la série, tout en gardant ce qui faisait sa force. Les musō ont toujours été beaucoup plus des jeux basés sur un certain plaisir primal que sur la précision des affrontements, et cet épisode va piocher un peu à droite et à gauche dans ce qui se fait de mieux dans les jeux d’action aujourd’hui pour tenter d’apporter un peu de profondeur à l’ensemble.

Si l’on occis toujours les fantassins par dizaines, quasiment chaque groupe est accompagné d’un ennemi plus puissant qui va demander un peu de stratégie pour être battu. Ces officiers ont en effet non seulement une barre de vie bien plus importante, mais aussi une garde à faire tomber pour espérer les vaincre rapidement. Pour cela, vous devrez utiliser à bon escient les combos d’attaques faibles et puissantes à votre disposition, vos attaques spéciales, mais aussi le très satisfaisant système de parry inspiré des jeux de chez Team Ninja : en appuyant sur le bouton de garde au bon moment, votre personnage va automatiquement lancer une contre-attaque, d’où l’intérêt de vraiment connaître les patterns de chaque type d’ennemis.

Les batailles sont aussi globalement un peu plus dynamiques qu’avant, avec de nombreux retournements de situation ainsi que la possibilité d’aborder celles-ci de plusieurs façons différentes (nettoyer la map ou se la jouer tête brûlée ? à vous de choisir). Et l’ensemble bénéficie fortement du tout nouveau moteur graphique, qui s’éloigne du rendu très connoté PlayStation 3 des jeux précédents et offre quelque chose de plus adapté aux standards modernes. Les champs de bataille sont désormais plus détaillés, et les effets visuels nombreux, sans que cela n’impacte la visibilité.

Et, bonne nouvelle pour les joueurs Switch 2, la dernière console de Nintendo arrive à afficher tout cela sans broncher : le jeu tourne en effet dans une résolution plus que convenable et avec un framerate qui tient la route malgré le très grand nombre d’ennemis à l’écran. Un portage plus que convenable qui permet à cette version de s’imposer comme la plus confortable à mes yeux, la durée relativement courte des missions étant parfaitement adaptée à des petites sessions en mode portable, malgré des sous-titres qui auraient pu être un peu plus grands pour s’adapter à mes yeux de trentenaire.

Un gros poisson dans une petite mare

Malgré un cœur du gameplay très satisfaisant, je ne peux que regretter la perte d’une certaine dimension stratégique. Si les batailles demandent tout de même un peu de réflexion, notamment pour savoir où aller, quels alliés aider, et quels ennemis tuer en premier, le côté « général de guerre » est totalement absent et l’on se retrouve dans le rôle d’un officier polyvalent plutôt que d’un grand stratège. Jusqu’ici, les musō permettaient de contrôler les stratégies de chaque officier via le menu pause, permettant de répartir efficacement ses forces sur le champ de bataille, mais aussi de passer d’un personnage à un autre à loisir, ce qui limitaient les éventuels allers et retours qui sont ici foison.

Passer d’un front à l’autre avait quelque chose de grisant, de même que pouvoir faire l’expérience de styles de combat qui différaient d’un personnage à l’autre. Si Dynasty Warriors: Origins tente de varier les plaisirs en offrant un gameplay différent par arme équipée, cela n’a pas la même saveur, d’autant plus quand on incarne un personnage principal aussi dénué de charisme que celui-ci.

Ce problème se répercute aussi sur la structure générale du jeu : alors que, d’habitude, les jeux de la série invoquent un côté épique et un esprit de conquête qui sied parfaitement à leurs batailles d’ampleur, Dynasty Warriors: Origins sacrifie tout cela sur l’autel de son inintéressante histoire. On se balade d’une mission à l’autre sur cette carte du monde à la Super Mario World, ramassant ça et là des ressources permettant de faire monter très marginalement ses stats et en prenant part à des missions secondaires peu engageantes, de même que des petites escarmouches qui popperont à l’infini : bien pratiques si vous avez envie de grinder, celles-ci ont eu au passage le don de rendre la complétioniste en moi folle en m’empêchant de complètement « nettoyer » la carte du monde. Tous ces petits changements et défauts ne suffisent pas à entacher le plaisir de jeu indéniable, mais font de ce nouvel opus un titre un peu frustrant, une nouvelle base pas tout à fait aboutie qui, on l’espère, pourra finir par retrouver un peu plus le charme des anciens épisodes.

Conclusion - Intéressant mais imparfait

70%

Cette réinvention de la formule des Dynasty Warriors propose du bon et du moins bon, perdant au passage quelque peu du plaisir et de la différenciation des anciens jeux, notamment pour ce qui est de son histoire creuse et beaucoup trop présente. Néanmoins, une fois en combat, impossible de ne pas prendre son pied grâce à un système de combat de grande qualité et plus complexe que ce à quoi nous avions été habitués jusque là. Dynasty Warriors: Origins ne plaira pas à tout le monde, mais pourra sans problème conquérir un nouveau public, notamment grâce à un portage Switch 2 de grande qualité.

Les +
  • Système de combat très satisfaisant
  • Un peu moins bourrin que les anciens épisodes
  • Nouveau moteur graphique permettant de rafraîchir l’expérience
  • Beaucoup de contenu
  • Carte du monde agréable à naviguer
  • Portage de qualité

 

Les -
  • Histoire creuse
  • Personnage principal sans charisme
  • Perte d’une grande partie de la dimension stratégique
Publié dans Tests, Tests de jeux
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