Comment créer un jeu vidéo 2

Comment créer un jeu vidéo ? #2 – Les grandes étapes – La production

Dans ce deuxième épisode de Comment créer un jeu vidéo ?, nous poursuivons notre décryptage du processus de création en abordant, cette fois-ci, les étapes de pré-production et de production.

Pour rappel, nous venons de passer l’étape de conception, qui permet de jeter de solides bases à partir desquelles un studio partira pour arriver jusqu’au résultat final. La pré-production ainsi que la production correspondent alors à ce que l’on peut généraliser comme étant “le développement” : il s’agit de l’étape la plus longue, là où le plus de personnes viendront collaborer autour de la réalisation du jeu vidéo.

Dans un premier temps, la pré-production consistera en une sorte de validation finale du gameplay du futur jeu : l’équipe réalise des tests réguliers afin de s’assurer de la pertinence des principales composantes du gameplay dans ce qu’on appelle le stade pré-alpha.

Vient ensuite LA grande période : la production. C’est là que toutes sortes de personnes aux compétences spécifiques viennent s’unir pour construire le jeu, son interface, ses visuels, ses principaux mécanismes etc… Pour parler en termes concrets, nous pouvons citer plusieurs types de métiers ainsi que leur rôle dans le développement d’un jeu.

Pré alpha Assassin's Creed Origins
Assassin’s Creed Origins au stade pré-alpha

Comment créer un jeu vidéo : une question d’équipe

Les programmeurs, rois des outils de codage, viendront créer les mécanismes du jeu : c’est grâce à eux qu’une porte s’ouvrira lorsque vous vous en approcherez et que vous appuierez sur un bouton. C’est également leur travail de s’assurer que les différents éléments de gameplay s’articulent convenablement selon la volonté de l’équipe et les règles du jeu. Par exemple, ce sont des programmeurs qui s’assurent qu’une attaque de type Feu sera “Super efficace” contre un Pokémon de type Plante. De même, ce sont eux qui feront en sorte qu’une Super Potion rendra un nombre bien précis de PV à vos protégés.

Si les programmeurs se chargent en quelques sortes du squelette d’un jeu vidéo, sa chair et ses muscles sont le fruit du travail des graphistes : artistes 2D/3D, animateurs, spécialistes des effets spéciaux (FX artists dans le jargon)… tous ces maîtres du visuel viennent donner un visage au projet. Qu’il s’agisse de créer des personnages, des paysages ou des animations, c’est à eux que nous rendons hommage lorsque l’on qualifie un jeu de “baffe technique” comme l’on aime si souvent le faire.

Les game-designers et les level-designers sont les architectes de ce groupe : sur la base du gameplay et du travail des artistes, ce sont eux qui vont créer le monde dans lequel le joueur évoluera. Si le game-designer a un rôle de management global et d’expertise technique, il s’appuie sur son expérience et ses compétences (souvent acquises en ayant commencé comme level-designer) pour venir en aide aux level-designers qui ont un rôle à une échelle plus microscopique. Plus exactement, leur travail consistera à cartographier les différents lieux visités par le joueur, qu’il s’agisse de grandes zones ouvertes ou de niveaux fermés. C’est à eux de placer des obstacles, de concevoir des énigmes, de disséminer astucieusement des indices pour résoudre ces dernières et toutes sortes d’éléments qui feront que le joueur interagira avec un environnement plutôt que de simplement le visiter. De ce point de vue, les jeux Zelda doivent une grande partie de leur succès au talent de leurs level-designers : c’est à eux que l’on doit ces inoubliables donjons qui auront marqué nos parties ! Zelda est d’ailleurs un bon exemple d’une association efficace entre de bon level-designers et d’excellents artistes comme peuvent en témoigner les extraits de l’artbook “La Création d’un Prodige“.

L’interaction avec un jeu se passe aussi au niveau de son interface : la conception des différents menus dans lesquels le joueur navigue ainsi que le choix des informations affichées ou non à l’écran reviennent aux UI Artists (User Interface). Mine de rien, il s’agit d’un rôle clé quand on sait à quel point la navigation se doit d’être claire. Qui aimerait passer des heures à trouver un arbre de compétences pour développer les capacités de son personnage ? Les UI Artists sont là aussi bien pour rendre ce moment intuitif qu’agréable à l’oeil.

Et bien sûr, que serait un jeu sans sa musique ? Il est difficile d’imaginer Undertale sans les incroyables mélodies composées par Toby Fox ou un Outlast sans d’angoissants bruitages qui viendront aiguiller le joueur sur les dangers à venir. Ce rôle est celui des sound designers. Certains font une distinction entre compositeurs et sound designers mais le plus souvent, l’appellation sound designer va englober également les compositeurs. Ces personnes contribuent également à l’aura d’un jeu vidéo : on peut tous rejouer la petite musique de résolution d’une énigme depuis la sortie du tout premier The Legend of Zelda !

Alpha, beta, tests publics

Avec toutes ces personnes talentueuses, le projet traverse les étapes clés que sont celles de l’alpha et de la beta. L’alpha d’un jeu consiste en une démo jouable qui pourra aider à réaliser les premiers tests auprès d’un public externe sélectionné et soumis à des clauses de confidentialités. De ces tests émergeront des remarques qui viendront guider le travail des créateurs jusqu’à atteindre l’étape de la beta. L’alpha peut également coïncider avec l’annonce du jeu au grand public (bien que ce ne soit pas une règle générale), en fonction des plannings instaurés en interne et de la date de sortie visée. L’annonce et sa forme seront en grande partie décidées par des personnes travaillant en marketing et en communication qui choisiront le timing idéal pour faire grand bruit et fédérer les joueurs autour de leur projet.

La beta propose une mouture jouable en l’état et est parfois publiquement mise à disposition des joueurs, toujours dans l’optique de récolter des avis extérieurs et améliorer ce qui doit l’être. La beta sert notamment à traquer les bugs : quête qui ne se lance pas, éléments 3D qui disparaît subitement, personnage qui s’envole vers d’autres cieux… des nombreux jeux ont acquis une réputation parfois comique à cause, ou grâce à des bugs hilarants comme Skyrim ou plus récemment Pokémon Violet et Écarlate.

Une fois, toutes ces étapes franchies qui prendront entre 3 mois et 6 ans selon les projets (parfois beaucoup plus), le jeu atteindra son stade final et deviendra “Gold” : le projet est prêt à être commercialisé ! Mais le lancement d’un jeu est une étape tout aussi élaborée et planifiée, bien avant qu’il ne soit goldé : nous aborderons cet aspect dans le prochain article de Comment créer un jeu vidéo ?, alors restez connectés !

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LatoJuana

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Présentation : Otaku gamer avec un tropisme particulier pour Nintendo, les séries TV et les Boy’s Love romantiques.

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