Comment faire suite à Resident Evil 7 ? La question devait être dans toutes les têtes chez Capcom après la renaissance de la licence culte en 2017. En même temps, quand on chamboule toutes ses habitudes, l'épisode de funambulisme qui suit ne doit pas être forcément évident à gérer. Après un septième épisode et un remake de Resident Evil 2 couronnés de succès, Resident Evil VILLAGE a donc la tâche de poursuivre sur la très bonne lancée de Capcom. Et bonne nouvelle pour la saga : Resident Evil VILLAGE est un excellent épisode.
Ethan is back
Pour ce nouvel épisode, Ethan Winters est de retour. Personnage principal du septième épisode, on le retrouve auprès de sa femme Mia et de Rose, sa fille née il y a quelques mois. Tranquillement à la maison à profiter de la soirée, la quiétude est rapidement submergée par l'effroi quand Mia est abattue sans sommation par Chris Redfield, personnage culte de la licence. Après s'être fait assommé, Ethan se réveille dehors, dans la neige, à proximité d'un camion accidenté. On marche péniblement dans la neige, dans la nuit éclairée par la pénombre de notre lampe, et effrayé par les sons de la forêt qui sont tout sauf rassurants. Le soleil se lève au fur à mesure que l'on avance, jusqu'à arriver dans un étrange village, vidé de ses habitants, et surplombé par un immense château. Un objectif maintient Ethan debout : retrouver Rose, sa fille.
Ceux qui se sentent encore mal d'être enfermé dans la maison des Baker vont ici pouvoir reprendre leur souffle : Resident Evil VILLAGE est bien plus ouvert sur l'extérieur. On trouve ici un village d'Europe de l'est, sous quelques centimètres de neige et qui va servir de hub central à notre aventure. Car oui, notre fille a été enlevée par une certaine Miranda, qui va mettre sur notre chemin ses quatre valets, particulièrement coriaces et dispersés en périphérie d'un village. Une chose est claire, Resident Evil 8 va vous faire un peu plus voyager. Là ou le septième épisode conservé une ambiance similaire tout au long de cette aventure, le huitième va s'amuser à nous faire vivre dans plusieurs ambiances différentes : Que ce soit entre les murs d'un gigantesque château gothique, d'une immense usine d'assemblage, d'un marais ou encore une maison classique mais à l'ambiance carrément effrayante, vous allez constamment changer d'air.



Et c'est un gros point fort : si toutes les zones du jeu ne se valent pas, elles ont le mérite de varier l'expérience. La première zone vous verra être pourchassé par un némésis, la deuxième vous dépossédera de tout moyen de défense dans une vraie maestria d'horreur psychologique, tandis que les deux dernières, plus portées action, sont toujours maîtrisées et variées, mais plus inégales (notamment celle du marais).
Et ces quatre zones sont chacune portées par des antagonistes. Forcément, difficile de ne pas parler de l'éléphant dans la pièce : Lady Dimitrescu. Ce personnage a très largement volé la vedette dans cet opus qui compte pourtant quatre autres antagonistes… mais que dire ? C'est mérité. Entre sa taille démesurée et son charme, elle incarne une forme d'horreur intrigante, parfaitement jouée par Maggie Robertson en version originale. Parmi les autres, Heisenberg sort aussi du lot, porté par un caractère chaleureux et froid en même temps, qui joue sur la dualité «ami ou ennemi ». Les autres sont… oubliables. Si la zone du personnage de Donna Beneviento est particulièrement marquante, le personnage reste bien plus en retrait, et Miranda, l'antagoniste principale, n'a rien de bien impressionnant.
Et n'oublions pas Ethan, personnage principal de cette aventure, qui comme le précédent épisode, s'efface face aux antagonistes. On retrouve ici un personnage déterminé pour retrouver sa fille, mais qui reste tout de même une sacrée coquille vide, sans personnalité propre qui ne remportera jamais vraiment notre Award d'un des meilleurs protagonistes de la saga… à l'inverse de ses mains. Car oui, les mains d'Ethan sont ici le personnage phare de VILLAGE. Elles vont souffrir, beaucoup, de manière très violente et très crue. Une fascination morbide semble avoir frappé les développeurs pour les mimines d'Ethan qui vont en voir de toutes les couleurs et qui ne manqueront jamais de faire réagir le joueur, tantôt dégoûté, tantôt décontenancé par les nombreux coups que prennent les paluches.



Un gameplay qui s'étoffe
Entre son village et son ambiance, Resident Evil 8 a toujours eu une image de suite spirituelle de Resident Evil 4 collée à la peau. Si l'on conserve toujours une vue à la première personne (que l'on peut alterner avec une vue TPS), certaines choses diffèrent grandement de l'opus précédent. À commencé par l'inventaire. Ethan troque son faible inventaire de RE7 pour une valise laissant bien plus de place, enlevant la partie stressante du 7e épisode ou chaque objet dans l'inventaire pouvait prendre la place d'un objet plus vital. Un choix assumé, rajouté par la présence régulière d'un marchand dans les allées du village, qui nous propose de nombreux produits, entre améliorations d'armes et nouveaux équipements. Deux éléments de gameplay repêchés du quatrième épisode. Dans l'esprit, VILLAGE est bien plus orienté action que l'épisode précédent, vous allez être régulièrement mis à l'épreuve et vous n'allez pas manquer de munitions pour faire face, obtenant rapidement de nombreuses armes.
Et il faut l'avouer, le jeu s'en sort bien quand il s'agit d'action. Si Ethan n'est pas un GI Joe, il use habilement de l'expérience acquise en Louisiane pour faire face à des ennemis bien plus rapides et agressifs qu'auparavant, les Lycans en tête. Ces ennemis pourtant basiques, sont rapides, esquivent avec vivacité et ne vous rendront pas les choses faciles. Pour le reste, rien de neuf : vous allez toujours devoir trouver des objets particuliers pour ouvrir des portes et progresser, crafter des soins et des munitions pour continuer à vous battre et ne pas oublier de sauvegarder sur de belles machines à écrire.



Les Ombres de Rose
Et cette édition Gold emporte avec elle les contenus additionnels du jeu. On retrouve ici le fameux mode Mercenaires qui vous permettra de gagner quelques heures de temps de jeu dans un mode totalement décomplexé vis-à-vis de l'action ou vous allez devoir mener la vie dure à tous les ennemis en face de vous, et dans lequel vous pourrez jouer plusieurs personnages. Un mode réussi, qui a de l'intérêt et qui permet de se défouler si vous avez eu la vie dure pendant le mode histoire.
L'autre intérêt du contenu additionnel, c'est le mode histoire « Les Ombres de Rose » qui poursuit l'histoire de ce huitième épisode. Un contenu qui se passe quelques années après les événements du huitième épisode et où nous incarnons Rose, la fille d'Ethan. Un mode qui nous fera retracer les différentes zones de ce huitième épisode d'un point de vue différent, avec un personnage ayant de nouvelles capacités. Une aventure qui dure entre 3 et 4 heures et qui ne rate pas le coche, prenant même un virage plus horrifique que le jeu dont il est issu et qui parvient à nous faire revisiter des zones de manières parfois brillante. C'est aussi ici que Ethan brille le plus narrativement, avec un véritable développement, un vrai caractère et une manière originale de s'exprimer. Une belle réussite de DLC. On compte aussi le mode Mercenaires qui réapparaît ici, un mode action où vous allez devoir éliminer de nombreuses menaces pour obtenir le meilleur score possible tout en récupérant beaucoup d’améliorations.



Solide sur les appuis
Et forcément, on conclut sur un petit point technique. Resident Evil VILLAGE est une expérience qui mérite de se vivre sur Switch 2. Visuellement toujours enchanteur, que ce soit les textures ou les éclairages, rien ne se perd vraiment dans cette version de l'hybride de Nintendo. Ayant fait le jeu sur PS5 à sa sortie, je n'ai pas eu l'impression de passer soudainement à une quelconque sous-version, bien au contraire, car on a ici l'appui d'une version portable également réussie.
Le framerate est de son côté un peu plus inconsistant. Sans jamais devenir un problème ou un fardeau, les parties en extérieur (plus régulières dans cet opus) challengeront un peu plus la console qui fera varier les FPS ici, sans jamais descendre en dessous des 40 images par seconde. Si vous voulez découvrir Resident Evil sur Switch 2, le triptyque Resident Evil 7, Resident Evil VILLAGE et Resident Evil requiem est un must-have de la nouvelle console de Nintendo.



Conclusion - Quand on arrive dans le village
Resident Evil VILLAGE poursuivait à son époque l'excellent retour en grâce de la licence, et cinq ans après, ça vaut toujours le coup de découvrir cet épisode. S'il est peut-être moins effrayant que le septième épisode, il en ressort cependant une copie plus aboutie, qui nous fait plus voyager et qui n’hésite pas à manipuler les ambiances pour toujours nous surprendre. Et la cerise sur le gâteau : cette version Switch 2 est particulièrement solide autant en portable que sur son dock.
- D'excellentes ambiances
- Un village intrigant…
- Les mains d'Ethan, meilleures protagonistes
- Lady Dimitrescu, marquante dès la première seconde…
- Le DLC et le mode Mercenaires
- Un excellent portage
- De très beaux jeux de lumière, notamment dans l'usine.
- …mais pas forcément bien exploité
- …Mais les autres antagonistes ne laissent pas de traces
- Le marais, la zone la plus en dessous du jeu

