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Prince of Persia : The Lost Crown, est-ce que le prince se disperse ? – TEST

Cela fait maintenant 14 ans que la licence Prince Of Persia ne s’était pas montrée du côté d’Ubisoft. Éclipsé par un Assassin’s Creed en pleine bourre, le Prince de Perse s’est terré de longues années avant de refaire parler de lui sur nos consoles. D’abord par l’intermédiaire d’un remake de l’acclamé Les Sables du Temps, qui devait arriver en 2021 avant de changer de studio de développement, passant d’Ubisoft Pune à Ubisoft Montréal. Puis c’est finalement du côté de sa patrie de naissance, la France, que la licence va renaître à travers un autre projet Made in Ubisoft Montpellier ; une formule en 2D, rappelant ses origines. Un pari risqué de la part des Montpelliérain, mais un pari qu’ils ont bien fait de tenter.

Une histoire qui se dis…perse

Sargon, le protagoniste de cette aventure, est un jeune Immortel. Ne vous méprenez pas, le pauvre garçon peut mourir, et il va souvent mourir quand vous l’incarnerez (si vous êtes mauvais comme moi), mais il est membre d’une équipe de soldat d’élite perse qui s’appelle Les Immortels. Au début de l’aventure, alors que Persépolis est sous un siège et qu’aucune issue ne semble possible, votre unité intervient et renverse aisément le cours de la bataille. Mais comme rien ne se passe jamais bien au début d’un jeu vidéo, le jeune Prince de la Perse, Ghassan, est enlevé et emmené au Mont Qalf, ancienne capitale du royaume désormais maudite. Notre équipe est dépêchée sur place pour récupérer l’hériter du trône. Ainsi commence Prince of Persia : The Lost Crown. 

Ne tournons pas autour du pot, The Lost Crown a beaucoup de qualités … mais l’histoire n’en fait pas partie. Sans être une tache de café sur un t-shirt blanc, rien ne nous tient véritablement en haleine durant la totalité de l’aventure. Les dialogues sont maladroitement écrits, les personnages manquent de profondeur et de charisme et le jeu n’est pas aidé par son casting français, qui semble parfois ne pas avoir envie d’être là. Et cela se remarque encore plus si vous activez les sous-titres : lorsqu’un personnage parle et que les sous-titres sont inscrits en grandes majuscules avec point d’exclamation, mais que le personnage ne hausse pas particulièrement le ton, il y a un léger malaise qui s’installe. Ce doublage ronronnant ne participe malheureusement pas à rendre l’histoire et ses climax plus palpitants, ce qui est un point notable tant le travail des comédiens français est habituellement à souligner. 

Ça tourne diablement bien

L’une des grosses inquiétudes que l’on pourrait avoir avec ce titre, qui sort également sur PS5, Xbox Series et PC, c’est s’il pouvait ou non réussir à proposer un rendu correct sur une console nettement inférieure techniquement. Force est de constater que le jeu est pensé pour la console de Nintendo. Un solide 60 images par seconde sur toutes les phases de gameplay et qui ne tremblent jamais, des visuels qui chatouillent régulièrement la rétine, et aucune différence perceptible en docké comme en nomade. Prince Of Persia : The Lost Crown réussit son premier test, celui d’être un jeu multi-plateforme parfaitement digeste sur Nintendo Switch. Un tour de force qui est à noter, puisque ce n’est pas tous les jours qu’une production voit sa version Switch aussi soignée. 

Néanmoins, tout n’est pas parfait. Si je n’ai noté aucun ralentissement en jeu, les cinématiques, elles, sont souvent frappées de chutes de framerate, régulièrement légères, parfois assez lourdes. Certains bugs gênants sont aussi venus parsemer mon aventure, entre un item impossible à récupérer, m’obligeant à mourir pour y accéder, un crash et un boss très coriace qui a fini invisible en même temps que tout le reste de la map sur la fin du combat. The Lost Crown n’est pas rempli de bugs, mais les rares que j’ai eus ont toujours été très désagréables. Pour finir côté technique, les temps de chargements entre les zones sont assez rapides et ne viennent pas alourdir l’exploration, même les voyages rapides entre deux pans de zones prennent une dizaine de secondes tout au plus. Et parce qu’il faut parler de beauté, le jeu se défend très bien, avec des zones variées en biomes, toujours agréable à l’œil et offre parfois de magnifiques décors, dont l’un inspiré par la Grande Vague de Kanagawa, célèbre estampe japonaise qui m’a laissé pantois pendant quelques secondes. 

Les combats durent moins longtemps avec Sargon

L’un des points majeurs de la communication autour du jeu, c’était ses combats. Et il faut l’avouer, oui, Prince Of Persia The Lost Crown bouge bien, même très bien. Le jeu offre dans ces mécaniques de combats une diversité de combos assez large, entre coups classiques, en hauteur, en bas, en mouvement… Rien d’étonnant ou de révolutionnaire, mais c’est surtout dans sa manière de créer du lien et des transitions entre les différentes attaques que The Lost Crown devient intéressant. Le jeu offre un bestiaire varié qui oblige constamment à changer son style de combat. Forçant parfois à foncer dans le tas, ou à la jouer de manière plus tatillonne pour ne pas prendre un coup qui pourrait être fatal. Chaque combat est différent, parfois très intense pour de simples mobs, parfois d’une simplicité étonnante. Si l’on peut parfois éviter aisément la confrontation pour continuer son exploration, on a toujours envie d’user des deux lames de Sargon pour en faire voir de toutes les couleurs à nos adversaires.  Le titre propose également un système de parades, qui est plus difficile à maîtriser, notamment lorsque l’on est cerné d’ennemis, mais aussi parce qu’on a rapidement la sensation d’un timing aléatoire. 

En plus des combos classiques, notre personnage, Sargon, maîtrise l’Athra, une énergie sacrée qui parcours chaque être humain (oui, comme le chakra) dans le lore du jeu. Ce qui lui permet en combat de lancer des attaques spéciales redoutables. Un vrai plus qui permet de se sauver de situations parfois désespérées, et il existe tout un tas de pouvoir d’Athra à débloquer dans le monde du jeu, certains plus utiles que d’autres, mais toujours efficaces pour faire de gros dégâts. Qui plus est, d’autres mécaniques s’ajoutent pour varier les façons de jouer, comme les amulettes, achetables ou trouvables dans le monde du jeu. Entre augmenter les dégâts des armes, rajouter de la santé, ralentir le temps après une parade… Les amulettes se dévoilent rapidement comme des éléments nécessaires et non-négligeables pour traverser le jeu tant elles facilitent les combats en plus d’être l’un des éléments centraux de la progression du personnage. Il faut noter que notre équipement est améliorable, et que nos armes peuvent se voir booster du côté d’une forgeronne assez spéciale. Cet élément est peut-être le plus frustrant. 

La difficulté du jeu étant croissante, on se retrouve parfois dans l’obligation d’augmenter sa puissance à travers l’augmentation des statistiques de ses armes, et ça nuit vraiment à un sentiment de progression fluide et naturel. À l’exception de ses pouvoirs et de sa santé, rien n’augmentera naturellement chez Sargon si vous ne faites pas le choix d’aller voir les personnes qui peuvent améliorer votre équipement. Pendant une partie du jeu, je n’ai pas amélioré mes compétences, principalement par oubli, et j’avais tellement accumulé de ressources que mon personnage était devenu un Expendable sous testostérone. Et soyez préparés, les combats de boss ne sont pas de tout repos, certains offrent des challenges vraiment relevés qui mettront en œuvre tous vos acquis et risquent de vous faire perler quelques gouttes de sueur sur le front. L’apprentissage se fait dans la douleur, parfois dans la frustration, mais offre une vraie satisfaction à chaque fois que la barre de vie de l’adversaire se vide complètement. 

On explore en profondeur

Mais qu’en est-il de ce metroidvania et de sa construction ? Dans un genre qui a connu de belles références ces dernières années (Metroid Dread, Ori, Hollow Knight…) Prince Of Persia The Lost Crown fait office de bon élève. Un back-tracking maîtrisé, et jamais le sentiment de se perdre. Deux modes s’offrent à nous au démarrage, entre un mode exploration classique, dans la veine du genre, et un autre pour les moins habitués où les objectifs sont affichés sur la map. Ayant opté pour l’exploration, je n’ai jamais eu une seule fois le sentiment de ne pas trouver mon chemin.  À cela, s’ajoutent les pouvoirs, qui alternent entre les classiques du genre (double-saut, dash…) à d’autres plus propres à la série autour de la maîtrise du temps, et qu’est-ce que ça fonctionne bien ! Entre les passages qui s’ouvrent à nous et les phases de plateforme qui demandent une bonne maîtrise de ces outils, le jeu parvient à offrir quelque chose de rafraîchissant dans un genre qui semblait avoir écumé beaucoup de cartouches.

Mais, Ubisoft étant Ubisoft, certaines habitudes, pas particulièrement bonnes, restent accrochées tel un Facehugger sur un visage après être sorti de son œuf. Et ici, on parle du contenu. C’est bien d’avoir beaucoup de choses à faire, mais il m’a fallu 19h pour en voir le bout, en vagabondant ici est là sans me concentrer sur le contenu annexe et je n’ai vu à ce moment que 60 % de ce que le jeu a à proposer après avoir vu les crédits défiler. C’est toujours très personnel le sentiment sur la durée de vie d’un jeu, mais pour un genre qui demande en général une dizaine d’heures voir moins pour se terminer, Prince Of Persia tire un peu sur la corde et ça se ressent dans certains pans du scénario principal, moins inspirés que d’autres.  À noter, pour conclure ce test, que le jeu bénéficie de nombreuses options d’accessibilité pour ouvrir l’aventure à un large public, et Ubisoft Montpellier n’a vraiment pas lésiné sur le sujet. Avec notamment un système de Fragments de Mémoire pour prendre en photo les éléments importants de la carte et s’en souvenir. Très mis en avant dans la communication du jeu, je n’ai jamais utilisé ce système, pourtant intégré dans la narration. Cinq modes de difficultés sont aussi à noter, en plus de pouvoir la personnaliser à son goût. 

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Un retour en force
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Un retour en force

Pour revenir sur le devant de la scène, Prince Of Persia The Lost Crown est la meilleure chose qui pouvait arriver à la série. Un jeu qui ne se prend pas les pieds dans ce que fait Ubisoft actuellement, un scope plus léger, mais qui offre un plaisir quasi-constant pendant les deux dizaines d’heures que demande l’aventure pour être bouclée. The Lost Crown ne se posera pas en cador du genre, mais le jeu suinte de l’envie et l’amour de ses développeurs. L’envie de bien faire les choses, et l’amour d’une licence qui avait disparu des radars. 

Les +

  • Tourne comme un chef…
  • Des boss palpitants…
  • Un jeu dense…
  • Des combats dynamiques et techniques
  • Les amulettes qui améliore l’expérience
  • Un bestiaire varié 
  • Quelques séquences marquantes
  • Des pouvoirs originaux en combat et en plateforme 
  • Pleins d’options d’accessibilités

Les -

  • À l’exception des cinématiques qui rament au début
  • … mais certains moins inspiré que d’autres
  • … mais trop long pour son axe principal
  • Quelques bugs, rare mais frustrant 
  • Un doublage français décevant
  • Dialogues pas vraiment palpitants
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Note des lecteurs :
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tipee
Jilax
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Plongé depuis ma plus tendre enfance dans le jeu-vidéo sans aucune envie de remonter à la surface. Une manette, une guitare et un match de foot du Stade Rennais suffisent à mon bonheur.

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1 Commentaire
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lincruste

La France patrie de naissance de la licence Prince of Persia ? Je ne crois pas non.