Phoenix Wright Ace Attorney Trilogy Switch test
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Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy, sans objection – TEST

Ah, Phoenix Wright. Probablement le visual novel le plus populaire de l’histoire du jeu vidéo. Développé par Capcom et sorti au Japon en 2001 sous le nom de Gyakuten Saiban, le premier opus de la série fut porté en France sur Nintendo DS en 2005 avec un chapitre supplémentaire (que l’on retrouve aussi dans cette version Switch). Les deux épisodes suivants arrivèrent ensuite sur la console aux deux écrans respectivement en 2007 et 2008, formant la trilogie originale Phoenix Wright: Ace Attorney. C’est cette trilogie que l’on retrouve aujourd’hui sur Nintendo Switch dans sa forme la plus complète à ce jour.

Phoenix Wright Ace Attorney Trilogy Switch

Le code de l’auteur

Disons le d’emblée, si vous n’avez jamais joué aux jeux d’origine, vous avez de la chance, car cette compilation est le meilleur moyen de découvrir cet univers fou, où tous les procès sont désormais légalement obligés d’être conclus en trois jours et où, vous, jeune avocat inexpérimenté, devrez démêler le vrai du faux afin de sauver vos clients d’une condamnation injuste. A la manière d’un procedural télévisuel, le jeu mélange avec intelligence le procès de l’épisode en cours avec un fil rouge qui court sur les trois jeux — et même plus.

La grande force de Phoenix Wright: Ace Attorney, c’est son écriture. Jamais un visual novel n’avait autant compté de personnages mémorables et loufoques à la fois, le tout aidé par une excellente localisation qui retranscrit au mieux l’humour de la version japonaise (la seule ombre au tableau provenant du fait que la traduction française – qui arrivera sur Switch cet été, nous signale Capcom – place l’histoire dans notre pays, ce qui pose un problème de cohérence sur certains épisodes). Des personnages tertiaires aux héros, en passant par les témoins, chacun possède des traits de caractère assez uniques pour marquer votre mémoire à tout jamais.

Mais la richesse de l’écriture ne s’arrête pas aux personnages : les différents épisodes sont tous très bien construits, comme des histoires indépendantes, avec leur ambiance et retournements de situation respectifs, et l’envie de connaître à chaque fois ce que nous réservent les scénaristes nous pousse à dévorer le jeu comme un bon page-turner. Certains cas sont un peu moins intéressants que d’autres, principalement dans le second opus, mais l’attachement à l’univers et aux personnages que vous éprouverez sans nul doute restera assez fort pour que cela ne soit jamais un vrai problème.

Comme tout bon visual novel, le gameplay de Phoenix Wright consistera principalement à appuyer sur le bouton A pour passer à la ligne de dialogue suivante. Mais ici, attention : vous ne pourrez continuer à découvrir la suite de l’histoire que si vous avez été assez malin pour résoudre les énigmes auxquelles le jeu vous confrontera. Certaines seront plus dures que d’autres, certes, mais elles n’ont jamais de solutions trop alambiquées : votre logique sera la clef, en toutes circonstances. Rien à voir avec un bon vieux point-and-click où vous devez tâtonner pour comprendre où les développeurs ont voulu vous mener. C’est pourquoi je vous conseille de n’utiliser une soluce qu’en dernier recours, car elle vous privera du plaisir d’avoir trouvé la solution faisant crier à Phoenix Wright son fameux « Objection ! ».

Un procureur qui sourit, c’est un joueur qui pleure

Bien qu’il puisse y avoir des variations minimes en fonction des épisodes, le gameplay se divise principalement en deux phases de jeu :  le procès et l’investigation. La première partie, les procès en eux-mêmes, vous fera démontrer les contradictions dans les témoignages des gens appelés à la barre en utilisant les deux actions qui vous sont proposées : attaquer leurs déclarations, ou apporter des preuves de leurs discordances en puisant dans le dossier de l’enquête. La clef se trouve toujours dans l’analyse des faits, et si parfois l’accusation peut vous mener la vie dure en vous tendant des pièges ou en essayant de camoufler la vérité, la victoire n’en sera que plus belle quand vous arriverez, satisfait, à acculer un témoin en le confrontant à sa propre logique pour, finalement, le faire craquer. Un petit défaut de cette phase réside dans le fait que parfois vous devinerez à l’avance où le jeu veut vous mener et vous n’arriverez donc pas à savoir quand placer votre preuve décisive. Cela n’arrive cependant que lors des premiers procès, plus faciles, et les scénaristes auront vite fait de vous faire cogiter les méninges.

La deuxième phase de gameplay, c’est l’investigation : vous devez visiter différents lieux, rechercher des objets sur les lieux liés à l’enquête et parler aux divers personnages jusqu’à avoir accumulé assez d’indices pour votre procès. Disons-le tout de suite : c’est la partie du jeu la moins réussie, principalement à cause des déplacements un peu laborieux (pour aller du lieu A au lieu D, le jeu nous force à passer par les lieux B et C, quelque chose qui aurait pu aisément être amélioré sur cette nouvelle version). Certains événements ne se déclencheront pas non plus de manière très intuitive ; c’est pourquoi je vous conseille de toujours être sûrs d’avoir visité tous les lieux et utilisé toutes les options de dialogue avec chacun des personnages. Cette version Switch amène néanmoins un outil bien pratique en la présence d’une loupe qui se colore sur les zones que l’on peut examiner, un grand avantage face à la version DS qui nous obligeait à fouiller chaque écran pixel par pixel avec le stylet.

De bienvenus amendements

Ce n’est pas la seule nouveauté que nous amène ce portage, car nous avons aussi droit à une version HD des nouveaux visuels utilisés pour les portages iOS et 3DS. Autant le dire de suite : si ces dessins apportent un vent de frais à ces 3 jeux Game Boy Advance, ils auraient gagné à être plus fins et surtout mieux animés, un défaut que l’on constate surtout quand on joue en mode portable. Sur la télévision, les différents modèles gagnent en finition et le plaisir de jeu ne s’en trouve qu’amélioré. Je n’aurais pas non plus craché pour cette réédition sur une réorchestration des magnifiques et inoubliables thèmes musicaux de Masakazu Sugimori, Naoto Tanaka et Noriyuki Iwadare (tous disponibles sur Spotify pour les intéressés).

Malgré les quelques défauts soulignés, et le manque de nouveautés, Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy reste la meilleure façon de profiter de ces trois jeux inoubliables qui ont marqué nombre de joueurs. Que vous soyez des primo-accédants à la série ou que vous la connaissiez par cœur, vous prendrez un plaisir immense à vous (re)plonger dans ces procès rythmés par une écriture au cordeau et une musique incroyable. Attendez peut-être la sortie de la traduction française du jeu cet été si vous n’êtes pas à l’aise avec la langue de Shakespeare, mais sinon, foncez au tribunal sans même y réfléchir.

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Résumé

Aussi géniaux en 2019 qu’à leur sortie initiale, les trois jeux de Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy plairont à tous ceux qui aiment les jeux textuels malins et bien écrits, sachant alterner moments de franche rigolade et drames poignants. À noter cependant, la version qui sort aujourd’hui n’est disponible qu’en anglais et il vous faudra patienter jusqu’à cet été pour profiter d’une localisation dans notre langue.

Envoi
User Review
83.25% (4 votes)

A propos de l'auteur :

giomosby

Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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5 commentaires pour “Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy, sans objection – TEST

  1. Il va y avoir une traduction officiel par Capcom ? Oh putain c’est le pied.
    Je me voyais déjà passé à côté de ce jeu a cause de la langue, me voilà parfaitement rassuré. <3

  2. 85% !?? Ca semble vraiment surnoté. Ok la trilogie est extraordinaire mais il ne faut pas oublié que c’est un jeu GameBoy Advance à la base. Capcom réédite à l’infini cette trilogie et ce manque d’audace aurait du descendre la note finale ! On parle tout de même d’image fixe alors que Phoenix Wright est modélisé en 3D dans le spin off avec Prof Layton par exemple.

    1. Je ne parle pas ici à la place du testeur, mais on ne juge pas tant la qualité d’un jeu de par son âge. Si je devais par exemple re-tester Ocarina of Time aujourd’hui, il aurait une note dingue.

    2. Pour moi, comme l’a dit DesBen, je ne juge pas vraiment le jeu par rapport à son âge. Le seul cas où j’aurais pu enlever des points c’est s’il avait vieilli sur certains aspects (par exemple, si j’avais du tester FF7 aujourd’hui j’aurais enlevé des points pour son level design confus), hors ce n’est pas le cas. Comme un bon livre ou un bon film, ces jeux sont intemporels. De plus, la présence de la traduction française et de la trilogie entière constituent de très bons arguments d’achat ! 🙂

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