Du metroidvania, encore du metroidvania, toujours du metroidvania. S’il y a un genre qui revient de plus en plus dans le jeu vidéo ces dernières années, c’est bel et bien celui-ci, qui a connu une véritable explosion exponentielle depuis le succès d’Hollow Knight en 2017. Et en clou du spectacle, la sortie de sa suite, Hollow Knight Silksong le 4 septembre dernier, véritable serpent de mer du jeu vidéo indépendant.
Mais voilà, il n’y a pas qu’Hollow Knight dans la vie, et les autres propositions fusent. Révélé en juin 2024 pour une sortie en 2025, MIO Memories In Orbit, le nouveau jeu de l’équipe française Douze Dixièmes, basée en région parisienne arrivera finalement à la fin du mois de janvier 2026. Un choix judicieux pour éviter la proximité avec le mastodonte de la Team Cherry. Après Shady Part Of Me, un puzzle platformer narratif, très poétique et peu challengeant, l’équipe décide de faire un virage à 180 degrés avec cette nouvelle proposition bien plus axé sur le gameplay et les sensations. Est-ce que le virage est réussi ? Oui ! Et on vous explique pourquoi.
Avant propos : ce test concerne la version Nintendo Switch 2 du jeu.
Elle est bien belle cette Arche
MIO Memories In Orbit se déroule dans l’Arche, un grand vaisseau où l’humanité semble avoir disparu, et où la nature a repris ses droits. Dans cette grande Arche délaissée par l’Homme, on y incarne Mio. Mio est un petit androïde à la forme humaine, au visage marqué par un grand cercle lumineux au milieu, et avec des longs filaments dorés en guise de cheveux. Réveillée par un mystérieux robot, Mio fera face à un monde ravagé par une étrange maladie qui touche les machines encore actives sur l’Arche. Pour le sauver, elle devra récupérer les voix des Perles, des grandes Intelligences Artificielles faisant fonctionner le vaisseau, mais qui semblent ne plus remplir leur rôle.
Sous ce synopsis peu original, MIO parvient à dresser une histoire touchante autour de cette Arche et de sa fonction. De ce qui s’y est déroulé et de son avenir. Pour ce faire, MIO conte son histoire de diverses manières. D’abord, par les classiques cinématiques au fur et à mesure que vous progressez, mais aussi à travers bon nombres d’informations que vous allez pouvoir trouver ici et là au sein de ce gigantesque vaisseau. Sans compter sur une narration environnementale brillante.



Car oui, parlons de l’éléphant dans la pièce, MIO Memories In Orbit est d’une beauté confondante. Chaque tableau, chaque lieu, chaque détail de l’Arche laissent pantois, bouche bée. Douze Dixièmes montre ici une véritable maîtrise artistique, mêlant une belle palette de couleurs et des décors majestueux, presque écrasants face à la petite taille de notre personnage. Le jeu prend souvent à contre-pied en changeant d’ambiance, passant de lieux presque exotiques, rempli de couleurs à des décors plus sombres, monochrome et inquiétants. Le tout crée une ambiance qui dégage une profonde mélancolie, avec cette sensation qu’il manque quelque chose, et il faut découvrir pourquoi. Mélancolie portée par une bande originale de haute volée composée par Nico Gueguen, qui parvient avec brio à accentuer toutes les émotions de chaque tableau.
Les autres rencontres ne sont pas en reste. Si les habitants « classiques » que l’on croise dans l’Arche ont un design somme toute convenu, tous les personnages plus importants sont particulièrement réussis, intéressants et reconnaissables. Mentions spéciales aux designs des boss, qui donnent envie de mourir pour les revoir, parce que leurs visuels autant que le travail d’animation est abouti. En somme : MIO Memories In Orbit est un monde visuellement et artistiquement fabuleux à visiter, qui regorge de surprises et qui ne manque jamais d’émerveiller.
Toucher le sol ? Pourquoi faire ?
Mais voilà : avoir un beau jeu, c’est bien, mais si on veut se distinguer dans un metroidvania, il va falloir faire un peu plus que ça non ? Oui. Et ça, Douze Dixièmes l’a bien compris. MIO Memories In Orbit est un jeu agréable à contrôler, et qui veut avant tout mettre l’accent sur l’aérien. Et pour vous le faire remarquer, un détail, non pas des moindres : vous avez le double saut dès le début. Habituellement un pouvoir que l’on débloque au cours de son aventure dans le metroidvania, est ici inné chez Mio. Et on remarque rapidement que l’on va devoir jouer dans les airs lors de nos affrontements. Chaque coup donné en l’air à un ennemi réinitialise le saut, et permet d’enchaîner dans les airs, donnant parfois lieu à des affrontements où vous ne toucherez jamais le sol une fois.
Et cette maestria aérienne se voit décuplée au fur et à mesure des améliorations qu’obtiendra Mio, qui usera de ses cheveux pour briller dans les airs. Car ses filaments dorés seront une aide précieuse, qui fonctionnent comme un grappin qui permet d’esquiver les ennemis ou se rapprocher d’eux, mais qui pourront aussi lui servir de moyen de déplacement, lui permettant de se mouvoir aussi sur les murs et les plafonds.



Tous ses atouts offriront autant d’aspects en combat que pour la plateforme. Si les combats sont une pleine réussite, les phases de plateformes, souvent exigeantes, sont parfois marquées par une légère imprécision qui peut s’avérer très frustrante, mais elles offrent souvent de chouettes moments (dédicace à Sawlong, qui a un nom aussi formidable que la séquence de plateforme m’a arraché les cheveux).
Dans ses déplacements, Mio est gracieuse, semblable à une ballerine, et le travail d’animation autour d’elle est admirable. L’observer se mouvoir avec ses cheveux est aussi hypnotisant que les décors traversés, et offre des sensations diablement satisfaisante. On peut noter que le côté aérien des affrontements est par moment délaissé sur les combats de boss, qui s’avèrent parfois plus facile au sol, mais les patterns vous amèneront toujours à un moment donné à faire quelques pirouettes pour éviter de terminer à la casse.
Va et vient
Qui dit metroidvania dit exploration, backtracking, et découvertes. Mio valide ici son cahier des charges. Les allers-retours seront légion au fil de nos découvertes et l’obtention de nouveaux pouvoirs débloquant de nombreux lieux, secrets et objets qui amélioreront les capacités de notre personnage. Le jeu offre toute une pelletée d’améliorations pour Mio à travers des modules, qui permettent d’articuler l’expérience en fonction de vos préférences et de votre manière de jouer. Le nombre de modules accessible est limité, et vous pourrez l’améliorer la capacité en explorant, obtenant de la nacre (la monnaie du jeu) et en l’utilisant chez le marchand.



La map de son côté se dévoile au fur et à mesure, et se met à jour à chaque fois que l’on se repose aux points de passage. Elle mettra en avant les passages que l’on n’aura pas encore explorés avec des petits points clignotants sur les bordures de la map, des petits points qui sont parfois difficilement perceptibles et nous ne sommes pas aidés par une map sur laquelle on ne peut pas zoomer très profondément. On peut aussi noter les allers-retours qui sont parfois longs pour rien, car les points de déplacements rapides ne se font qu’à condition d’avoir trouvé un élément particulier qui sert sur les lieux de repos, et qui sont tout simplement cachés dans la map et qu’on peut facilement louper.
Mais dans l’ensemble, MIO Memories In Orbit propose un level design des plus réussis, où les raccourcis salvateurs sont nombreux, évitant (à quelques exceptions près) des runbacks infernales qui hantent encore les rêves des joueurs d’Hollow Knight Silksong. MIO Memories In Orbit tient aussi sur la durée, avec une quinzaine d’heures de jeux pour arriver aux crédits de fin, un chiffre qu’il faudra un peu plus que doubler pour explorer chaque secret que l’Arche cache.



Une technique qui mArche
Et une fois que tous les éléments sont assemblés, il faut que ça tourne ! Et MIO Memories In Orbit est ravissant sur la Nintendo Switch 2. Autant en mode portable et sur la télévision, le jeu n’a jamais subi de ralentissement, gardant un framerate constant et agréable à l’œil tout en ayant une résolution qui fait ENFIN honneur aux jeux qui sont portés dessus. Si nous n’avons pas pu mettre la main sur la version Switch, la version Switch 2 est impeccable sur presque tous les aspects.
Je dis presque, car j’ai tout de même subi quelques crashs (4 tout au long de mon aventure). Un souci qui a commencé à arriver au fil de la deuxième partie du jeu, et qui arrivait de manière spontanée et pas forcément dans des moments clés. En espérant qu’un patch day one puisse corriger ces errances qui tâchent un jeu pourtant parfait sur tous les autres aspects techniques.
➡️ Retrouvez notre interview des développeurs de MIO juste ici !



Conclusion - MIO Magnifique, Intelligent, Onirique
Il y a quelque chose de profondément mélancolique dans MIO Memories In Orbit. Mélancolie appuyée par des décors fabuleux, des musiques hypnotisantes et des combats qui nous laissent parfois en état de flow, dans les airs. Mio est une petite ballerine, et elle réalise un sublime ballet. Douze Dixièmes réussit son virage après Shady Part of Me tout en conservant l’identité posée en 2020 avec son puzzle plateformer. C’est sûr, MIO Memories In Orbit est un must have de ce début d’année 2026.
- Somptueux de A à Z
- Techniquement solide …
- Un chouette univers
- Une excellente bande originale
- Un gameplay aérien très réussi
- Des pouvoirs très intéressants et originaux
- … malgré quelques crashs subis durant la partie
- Le fast travel pas accessible directement sur les points de passage

