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Hitman Blood Money: Reprisal, un retour qui tue ? – TEST

Ah, les super-héros, j’adore ! Batman, l’homme chauve-souris ; Spider-Man, l’homme-araignée… Mais du coup c’est quoi son super-pouvoir, à Hitman ? J’imagine qu’il sait créer des chansons musicales qui sont des tub– ah, attendez, on m’informe dans l’oreillette que je n’y suis pas du tout et qu’il s’agirait en fait d’un tueur à gages. Mais du coup, rien à voir avec les super-héros ? Comment ça, il vaut mieux que je joue au jeu avant d’écrire mon test ? Bon, si vous insistez…

Chauve qui peut

Blague à part, dire que pouvoir rejouer à Hitman Blood Money m’enchante est un euphémisme. Le titre développé par IO Interactive a occupé une bonne partie de mon adolescence, m’émerveillant par les nombreuses possibilités offertes au joueur comme par son ton pince-sans-rire qui réussissait bien à dédramatiser les activités morbides de ce cher agent 47. Malheureusement, en relançant le jeu en 2024, on ne peut que constater que visuellement, le tout a un peu vieilli, quand même. Feral Interactive, qui s’occupe de ce remaster, a opéré un service minimum, à savoir faire passer l’image des 480i d’origine au 1080p (720p en portable) que la Switch peut afficher. C’est mieux que rien, mais jamais le titre n’essaiera de vous convaincre que vous jouez à autre chose qu’un jeu PS2. Et sachant que ce n’était pas un foudre de guerre pour son époque, cela peut parfois piquer un peu les yeux (un peu plus que, par exemple, un Final Fantasy X). Service minimum ne veut pour autant pas dire raté, et l’on préfèrera sans hésiter une version trop fidèle mais tenant bien ses 30 fps qu’à l’horreur qu’était la trilogie GTA.

Pour des raisons probables de lisibilité, seule l’interface utilisateur aura bénéficié d’une complète refonte, mais pas forcément de la manière la plus heureuse, l’interface d’origine me semblant visuellement plus moderne et plus accessible. Mais je veux bien pardonner cette faute de goût à Feral Interactive, car ils ont pensé à ajouter la principale chose qui manquait au jeu d’origine : une mini-map. Bien sûr, sa présence facilite un peu le jeu, puisqu’on peut voir la position des ennemis même à travers les murs, mais elle se révèle salvatrice dans des environnements parfois labyrinthiques qui me rendaient chèvre dans la version de 2006 (c’est à toi que je pense, maudite clinique).

Des mécaniques toujours aussi bonnes…

Pour tous ceux qui n’y ont jamais joué, Hitman Blood Money est un jeu d’infiltration mettant un accent sur des environnements de type “bac à sable” et laissant une grande liberté aux joueurs dans la réalisation de leurs missions. La série d’IO Interactiveet cet épisode en particulier – était très novatrice pour son époque et a clairement posé les jalons pour bon nombres d’autres titres : on retrouve encore un peu de Blood Money dans, par exemple, un Metal Gear Solid V, pourtant sorti presque dix ans plus tard. Même aujourd’hui encore, le titre reste impressionnant par la maîtrise de son design et il m’est arrivé sur certaines missions de trouver de nouvelles manière de tuer mes cibles auxquelles je n’avais jamais pensé. Les développeurs ont eu l’intelligence de prévoir un grand nombre de possibilités, mais aussi de laisser une place à l’improvisation pour les joueurs aimant sortir des sentiers battus.

Armé du nom de vos cibles à abattre, qui s’affichent aussi sur votre carte en rouge, vous devrez donc trouver un moyen de mettre un terme à leurs existences, de préférence de la manière la plus discrète possible. Avec quelques armes à sélectionner en début de mission, une seringue contenant deux doses de poison, une seringue contenant deux doses d’anesthésiant, une corde de piano, et des pièces pour attirer les PNJ, vous devrez bien observer l’environnement et les faits et gestes de chacun avant de passer à l’action, que ce soit en tirant sur vos cibles de loin avec un sniper ou en les poussant d’un balcon pour faire croire à un accident, en passant par le classique empoisonnement de leur nourriture. Vous aurez aussi le choix de vous déguiser pour faciliter l’infiltration (en volant les costumes des PNJ) ou de garder votre iconique costard pendant toute la mission pour obtenir la gloire complètement honorifique de la communauté des fans du jeu. Même le bourrinage est permis, bien que peu recommandé du fait de la petite barre de vie de 47, mais aussi de la sanction que le jeu vous délivrera en fin de mission (plus vous laissez de témoins, plus vous devrez utiliser des sous pour les corrompre, ce qui peut s’avérer problématique car les sous permettent de débloquer de très précieuses améliorations).

… mais qui auraient méritées d’être un peu huilées

Les joueurs venant de la récente trilogie dite des “World of Assassination” regretteront cependant quelques régressions, notamment sur le fait que le jeu soit beaucoup moins punitif sur le meurtre de “civils”, avec a fortiori moins d’options pour les endormir et cacher leurs corps après les avoir assommés. Mais c’est surtout au niveau des contrôles que le retour en arrière est le plus difficile : malgré toutes ses qualités, on a parfois l’impression qu’Hitman Blood Money joue contre nous et il ne sera pas rare de devoir relancer une partie en pestant. Le principal point de friction réside dans l’interaction avec les PNJ : il m’est arrivé au moins quatre ou cinq fois par mission d’arriver dans le dos d’un ennemi armé d’une seringue anesthésiante ou d’une arme pour les assommer et que le prompt pour enclencher l’action ne s’affiche tout simplement pas, sans qu’il ne me soit vraiment possible d’identifier une raison. Résultat, l’ennemi détecte ma présence et je suis bon pour repartir de la dernière sauvegarde.

Et même quand vous arriver à assommer l’ennemi, vous n’êtes pas à l’abri de devoir relancer votre partie : en effet, Hitman Blood Money souffre d’un problème de crashs. Rien d’extrêmement prévalent ni de bloquant, mais six crashs sur la dizaine d’heures que dure l’aventure, c’est déjà trop et j’espère que Feral pourra patcher ça. Cela renforce l’impression d’un portage fait un peu à la va-vite, et un titre de ce calibre aurait vraiment mérité mieux que ça. Entendons-nous bien : j’ai beaucoup apprécié de pouvoir rejouer sur Switch à ce classique du jeu vidéo, mais mon expérience n’aurait été que plus agréable avec un remaster un peu plus travaillé, m’offrant quelques améliorations de qualité de vie sur les contrôles, ou tout simplement la possibilité de jouer avec les voix anglaises et les sous-titres français (en l’état, vous ne pouvez jouer qu’avec la même langue pour les voix et les sous-titres). Un peu dommage malgré tout.

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Hitman Blood Money: Reprisal, un retour qui tue ?
  • Pas si mortel que ça - 65%
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Pas si mortel que ça

Que cela soit clair : si j’avais eu à noter Hitman Blood Money en 2006, il aurait évidemment eu 90%. Mais les années n’ont pas forcément été des plus tendres avec le titre d’IO Interactive, qui conserve certes ses qualités en termes d’intelligence de design, mais dont les contrôles pâtissent du poids du temps comme de la comparaison avec les trois derniers jeux mettant en scène 47. Trop basique, ce portage Switch ne ravira que les fans les plus investis ou les nouveaux venus. Néanmoins, dur de bouder son plaisir pour une vingtaine d’euros, même si on pouvait espérer mieux.

Les +

  • Ça tourne sans accroc (heureusement !)
  • La mini-map, salvatrice sur certains niveaux
  • Toujours du génie dans le game design
  • Beaucoup de possibilités donc grande rejouabilité

Les -

  • Refonte visuelle minimale
  • UI qui pique un peu les yeux
  • Des contrôles d’un autre âge qui ne fonctionnent pas toujours
  • Quelques crashs
  • Impossible de jouer en anglais sous-titré français
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tipee
giomosby
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Fan de consoles Nintendo et de jeux japonais depuis que je suis en âge de tenir une manette. Si je ne suis pas dispo, c'est probablement que je visite un parc Disney.

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