Gear.Club Unlimited Nintendo Switch

Gear.Club Unlimited : jusqu’où userons-nous les pneus ? – TEST

A la faveur d’un line-up très pauvre en jeu de courses, la Nintendo Switch a eu le plaisir d’accueillir Gear.Club Unlimited l’année dernière.  Projet transfuge réalisé sur Apple TV à l’origine, puis sur iOs et Androïd, l’itération automobile éditée par Microïds se laisse conduire désormais chez Big N. Avant la sortie prochaine de Gear.Club Unlimited 2 en fin d’année, nous avons posé les mains – et d’autres choses inavouables – sur le premier épisode. Des sensations arcade rappelant ça et là les majors du genre tels que Need for Speed, Burnout ou encore Ridge Racer dans une moindre mesure, un mode carrière étonnamment complet et prenant, que manque-t-il au jeu développé par Eden Games pour obtenir entièrement nos faveurs ? Réponse plus bas.

Le portage étoffé d’un jeu mobile

C’est peu ou prou la première chose que l’on remarque chez lui, autant alors l’évoquer dès à présent : Gear.Club Unlimited est assez laid. Qu’il faille y jouer sur une T.V. ou en mode portable, le tout se révèle digne des premiers jeux de la 7ème génération. Et encore, le bas du panier : j’en veux pour preuve Motorstorm sorti en 2007 sur la Playstation 3, multipliant alors effets de particules multiples et textures convaincantes. Ce n’est pas un bon premier contact, même à échelles gardées.

Les décors de Gear.Club Unlimited sont polygonaux et assez pauvres, mais les effets de lumière demeurent très réussis. Enfin, les voitures ont le bon goût d’être bien modélisées. La trentaine de véhicules proposés est plutôt séduisante et pioche dans les concessionnaires italiens, japonais ou encore américains avec un certain goût du prestige. Quoi qu’il en soit, il va falloir bûcher afin de s’en payer plusieurs ! Pour revenir aux graphismes, si d’autres jeux de courses sortis dix ans auparavant se révèlent plus impressionnants que lui, n’oublions pas la portabilité de Gear. Club Unlimited. Quel plaisir de dévaler les routes à 200 km/h sous la couette, frôlant tantôt cocotiers en pagaille, tantôt montagnes rocheuses !

Une jouabilité convaincante ayant sa propre personnalité

Les différentes voitures, si elles ne sont pas nombreuses, ont pour elles le mérite d’être uniques dans leur maniement. Certaines sous-virent ou sur-virent, leur accélération diffère ainsi que leur vitesse maximale. Le fait d’avoir ses bolides chouchous et d’avoir ses bêtes noires dénotent une réussite certaines des développeurs, car le ressenti varie selon les joueurs.

Caméra proche, éloignée et vue capot sont disponibles et toutes les trois demeurent parfaitement jouables.Les tracés sont bien adaptés à la portabilité de la machine ; ainsi, une course peut prendre 40 secondes comme 3 minutes pour les plus longues. Tout cela est sensé apporté du dynamisme à l’ensemble, hélas les temps de chargement nous prennent trop souvent en otage durant de longues, trop longues secondes. Nous y reviendrons. Reste que l’impression de vitesse est globalement très satisfaisante. Du reste, il ne faudra pas  s’appuyer sur les barrières pour espérer glisser en virage car Gear.Club Unlimited ne joue pas totalement la carte arcade comme pouvaient le faire les Need for Speed : Underground. 

Les tracés se révèlent agréables et dynamiques, les virages serrés se succédant. Rond-point, épingle et contacts avec les concurrents (à 4 ou à 8) sont monnaie courante. L’intelligence artificielle est quant à elle pugnace et l’indicateur de concurrent derrière soi, illustré par un décompte de mètres vous séparant d’eux est très bien pensé. Notons que lors des circuits à deux ou trois tours, il n’est pas rare de dépasser un concurrent sur le toit ou en équerre au milieu de la route, totalement immobilisé. Appelons cela un bug ou un détail renforçant un peu la crédibilité de la course, à voir.

Côté sonore, il ne faut  pas s’attendre à y jouer casque vissé sur les oreilles afin de profiter des bruits de moteurs, des crissements de pneus ou d’une radio typée Forza Horizon. Une musique d’ascenseur en panne ponctue les menus et une tondeuse à gazon un peu ronchonne s’enclenchera en sus de vos accélérations. Le tout s’avère assez sommaire et le retour sonore des menus est inexistant. Confirmer, acheter, lancer une course se fait dans le calme le plus plat et pose problème lors de certaines situations.

Gear.Club Unlimited Nintendo Switch

L’agréable surprise du mode carrière

C’est avec une légère appréhension que je me suis lancé dans la carrière de Gear.Club Unlimited. Le verdict, après plus d’une vingtaine d’heures de jeu : tel Jacques Dutronc, je retourne ma veste ! Une assez grande carte vous fait l’affront de cacher les zones sous un épais brouillard que ne sauraient renier les fans de Turok. Pour le lever et ainsi débloquer les zones, il faudra remporter des épreuves par centaines

Trois données suffisent à résumer ce mode. Le joueur possède alors un niveau, un passage supérieur lui octroyant divers bonus sur lesquels nous reviendrons plus bas. Il possède en outre un panel d’étoiles à récupérer pour déverrouiller les zones : trois étoiles pour une 1ère place, deux pour une Poulidor et une pour le bas du podium. Enfin, l’argent : le nerf de la guerre ! Il sera récupéré à chaque course et notre pécule pourra être augmenté si l’on fait le choix d’opter pour une maniabilité sans aide et si l’on a franchi la ligne d’arrivée sans l’utilisation du fameux rewind, par ailleurs très bien implanté. Si les montants sembleront généreux au départ, il faut savoir que Gear.Club Unlimited propose un mode de micro-gestion des plus agréables : un garage complet appelé le Performance Shop, dans lequel on a tôt fait d’investir un bon tiers de notre temps de jeu.

Ateliers pneumatiques, rallye, carrosserie à débloquer puis à augmenter, objets cosmétiques pour les salariés (plantes, machine à café, etc.) et voitures de plus en plus chères selon les catégories, il faut s’attendre à investir énormément de temps pour débloquer puis acheter Acura NSX, McLaren P1, RUF CTR3 et autres joyeusetés. Les constructeurs ne voyant pas tous du même œil la transformation esthétique de leurs modèles, certaines voitures ne pourront être modifiées avec des pare-chocs ou des ailerons, quoiqu’il arrive peu nombreux. Le choix de la peinture n’excède pas la vingtaine et il ne faut pas s’attendre à installer divers stickers et autres éléments façon The Crew ou GRID 2. Les modifications de performances sont autrement plus variées et s’étalent sur plusieurs ateliers différents, ateliers qu’il faudra acheter puis améliorer afin d’offrir à sa voiture de rêve des freins niveau 4, un moteur niveau 5 ou encore des pneus rallye. On a tôt fait de se retrouver sur la paille si l’on joue sur plusieurs catégories de courses en parallèle, et c’est ce qui rend la carrière très intéressante.

Enfin, hérité de son statut de jeu Androïd et iOs, divers succès et missions viendront garnir le portefeuille une fois ceux-ci achevés. Installer une amélioration, terminer 3 courses sans collision ou encore déraper sur 50 mètres seront par exemple au menu.

Du multijoueur mi-figue, mi-raisin

Concernant le mode multijoueurs, parlons tout d’abord du local ; un joy-con suffit pour piloter sa bête de course sur un écran scindé convainquant. Les sensations restent les mêmes à deux joueurs ; il faudra néanmoins m’excuser sur le multijoueur local à quatre joueurs que je n’ai pu tester. Je n’ai pas suffisamment de manettes à disposition, ni suffisamment d’amis pour m’épauler lors de ces joutes automobiles… Comment ça je ne suis pas en séance ? Concernant le mode en ligne, refroidissons immédiatement les ardeurs de chacun : il est décevant. Il s’agit d’un système de ligues à gravir en obtenant des points, points que l’on obtiendra en nombre plus ou moins important selon notre chrono du jour. C’est ni plus ni moins que du time trial.

Gear.Club Unlimited Nintendo Switch

Une technique indigne de la Nintendo Switch

Terminons par le point noir de cette itération. Quel est le principal argument d’un jeu de course hyper-nerveux, selon vous ? Ma réponse, tout à fait personnelle, est la fluidité. Un framerate constant est un luxe auquel nous avons aujourd’hui le droit. Gear. Club Unlimited fait un pied-de-nez farouche aux ayatollah du sacro-saint 60 FPS et nous apporte sur un plateau des ralentissements, des saccades en course ainsi que des micro-freezes qui ont l’avantage malheureux d’ajouter une dose de stress à la situation – de façon accidentelle. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin et constatons des temps de chargement si longs qu’ils en deviennent prohibitifs et qu’à trois reprises, ceux-ci n’ont pas donné suite. Redémarrage du jeu nécessaire et roulement d’yeux en somme…

Enfin, des ralentissements viennent ponctionner notre temps passé à la micro-gestion du garage. Déplacer une voiture pour l’installer dans tel atelier semble trop lourd à porter pour Gear. Club Unlimited visiblement. On sent alors le portage poussif réalisé peut-être à la truelle, bien que jouissant d’ajouts conséquents par rapport aux précédentes versions. Ces problèmes ont été rencontrés tant en portable qu’en version T.V. Dans ces conditions, il me tarde de poser les mains sur sa suite, prévue en fin d’année.

Les images utilisée ont été trouvées sur les sites Microïds et Nintendo. 

Jusqu'où userons-nous les pneus ?
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Des sensations grisantes pour une finition imparfaite

Sous une technique frisant la catastrophe, Gear. Club Unlimited se révèle malgré tout très prenant. Son tarif et son genre demeurent concurrentiels sur la Nintendo Switch, et c’est peut-être ce qui n’a pas poussé ses développeurs à porter soigneusement leur œuvre. C’est dommageable, tant il est bourré de bonnes idées. Qu’il faille subir des ralentissement en jeu, le redémarrer suite à un chargement endormi ou encore les affres d’un curseur qui saccade lorsqu’on le déplace (pour sélectionner une course ou déplacer une voiture dans un garage), le jeu ne se laisse pas facilement apprivoiser.

Au-delà d’impairs techniques évidents, la durée de vie plus qu’honorable du titre lui assure une plus-value salvatrice. Gear.Club Unlimited 2 sortira en fin d’année et marchera vraisemblablement sur les traces sur premier, ce qui n’est pas une mauvaise chose. A conseiller donc aux fans de course automobile arcade désirant gérer leur carrière comme bon leur semble, peu regardant sur l’écrin mais désireux d’en savourer le contenu.

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A propos de l'auteur :

Vestige

Animateur en centre de loisirs, mes nuits me portent en Téméria, à la Porte de Baldur ou dans un lugubre manoir. Je m'appelle Vestige, j'ai 25 ans et bois beaucoup trop de café.

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