Si les ressorties de jeux vidéo nous ont régulièrement habitués au suffixe « Remake » ou bien « Remaster », Square Enix essaie de définir la proposition de son titre dès le titre apposé au retour d’un de ces titres. On le voit par exemple avec le terme « Rebirth » accolé à la deuxième partie de la trilogie Final Fantasy VII ou encore l’apparition du terme HD-2D pour les remakes de Dragon Quest I, II et III. Toujours dans la licence Dragon Quest, c’est aujourd’hui le septième épisode qui reçoit le titre complet de Dragon Quest VII Reimagined. On comprend dès l’énoncé que l’objectif de l’éditeur est de réinventer une aventure sortie à l’origine sur PlayStation en 2000, puis sur Nintendo 3DS en 2013.
Le récit de ce JRPG est réputé pour sa grande longueur et sa centaine d’heures pour en voir le bout, l’enjeu de cette version de 2026 du titre de Yuji Hori sera de savoir si le titre parvient à offrir une aventure plus concise en gardant sa substance. Dragon Quest VII Reimagined est attendu pour le 5 février 2026 sur l’ensemble des supports actuels, dont les Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.
Avant-propos : ce test a été effectué sur la version Nintendo Switch 2 du jeu.
À travers les îles et à travers le temps
L’aventure débute sur une île très paisible. Vous incarnez un héros que vous êtes libre de nommer comme bon vous semble. Ce dernier est le fils d’un pêcheur et vit à l’abri des tensions. Le début de l’aventure ne sera qu’une (trop) longue mise en place des enjeux du scénario principal. Vous ferez rapidement la rencontre de vos premiers compagnons de voyage : Kylian, prince de la petite ville se situant non loin de votre demeure, qui incarnera l’épéiste par excellence, ainsi que Maribel, la fille du maire de votre village. Tous deux sont amis d’enfance de votre personnage et développeront une personnalité bien à eux lors de l’aventure de ce Dragon Quest VII Reimagined. Bien que largement remanié par rapport à l’expérience originale, ce début reste malgré tout très long avant de véritablement entrer dans le gameplay du jeu, le premier combat n’intervenant pas avant une bonne heure de jeu.



Au début de l’aventure, le monde de Dragon Quest VII Reimagined semble n’être constitué que d’une seule île, celle sur laquelle vivent les personnages principaux. Très rapidement, ces derniers vont mettre la main sur des fragments de tablettes mystérieuses, des tablettes qui permettront à l’équipe de voyager sur des terres non seulement inconnues de tous, mais également à une période bien plus ancienne que celle du scénario du jeu. L’arrivée sur chacune des îles sera l’occasion de découvrir une histoire unique, un petit morceau de scénario ou des récits de personnages pouvant s’avérer touchants, amusants ou bien tragiques.
Sur la plupart des îles visitées, il sera question de lever le voile sur une malédiction qui ronge les habitants des différents villages. La structure sera assez souvent similaire : arrivée sur une nouvelle île, découverte d’un malheur entourant les populations locales, exploration d’un donjon puis affrontement d’un boss permettant de résoudre les problèmes rencontrés par l’île. Lorsque les mystères des petites îles sont résolus, les morceaux de terre autrefois disparus se mettent à revenir dans l’époque contemporaine de l’histoire du titre.
Il est alors possible de les visiter et de voir un véritable changement concernant l’évolution des personnages au cours du temps, avec bien souvent des traces qui ont traversé le temps du groupe de héros qui a sauvé l’île autrefois. L’évolution des différentes histoires au cours du temps est l’une des grandes réussites du titre, avec des villages ayant réussi à particulièrement bien s’en sortir après votre passage, tandis que d’autres se retrouvent complètement dévastés et n’ont pas réussi à remonter la pente.



L’exploration des îles aux différentes époques est également l’occasion de trouver des fragments de tablettes pour continuer l’aventure et découvrir de nouveaux lopins de terre à arpenter. Si dans la grande majorité des cas, les pierres à trouver sont relativement bien indiquées (grâce à un menu qui donne le lieu et la période où se trouve la tablette), il peut arriver que le joueur soit laissé sans aucune indication de l’emplacement du prochain morceau à trouver, et là, bon courage pour mettre la main sur un objet perdu dans un monde relativement vaste à deux époques de temps très distinctes.
Si dans un premier temps, l’ensemble des histoires semble totalement déconnecté les unes des autres, l’apparition de plusieurs îles va finir par créer des ponts entre ces dernières. Les retours dans le présent vont commencer à mêler plusieurs histoires entre elles, puis des récits vous demanderont des objets de quête à aller chercher dans un autre lieu du passé, avant que finalement, l’ensemble des histoires vécues par les héros ne finisse par former un grand ensemble cohérent. L’histoire, allégée de plusieurs scénarios par rapport à la sortie originale, s’avère particulièrement équilibrée afin d’arriver à une conclusion très plaisante à parcourir et dont l’ensemble des petites missions semble très naturel.



On ne réimagine pas un système qui marche
En ce qui concerne ses systèmes de jeu, Dragon Quest VII Reimagined ne fait pas vraiment dans l’originalité et garde son traditionnel tour par tour. Au début d’un combat, il est possible de sélectionner les actions de chacun des personnages de l’équipe entre les attaques standards, les compétences consommant des points de magie, l’utilisation d’objets ou encore la posture de défense. Si le système permet d’aborder différentes stratégies afin de mener à bien les affrontements, il faut reconnaître qu’en difficulté normale, le jeu n’oppose pas de grandes résistances. Bien qu’efficace, soulignons le fait que le système de combat d’un Dragon Quest peut sembler à commencer à être vieillot, quand d’autres modèles fonctionnant au tour par tour montrent des innovations plutôt intéressantes. (je parle évidemment de titres comme Bravely Default ou Octopath Traveler).



Concernant son exploration, le remake du Dragon Quest de la PS1 se passe des rencontres aléatoires en affichant directement les ennemis sur la carte du monde. On notera par ailleurs qu’en appuyant sur « A » juste avant de lancer les affrontements, les ennemis subiront une première salve de dégâts, pouvant aboutir également à un tour supplémentaire pour les héros. De la même manière, les ennemis peuvent également surprendre l’équipe et profiter de ce tour d’avantage. Lorsque le niveau des personnages est suffisamment en avance sur les monstres, ces derniers seront éliminés directement sans avoir à lancer de combats, offrant une quantité d’expérience légèrement réduite, mais permettant de monter de niveau efficacement en enchaînant rapidement les petits ennemis.
En ce qui concerne l’exploration des donjons, Dragon Quest VII Reimagined alterne entre des phases de combat contre des monstres et des petites énigmes à résoudre : déplacer des sphères de couleur, orienter des rayons lumineux ou encore arpenter des labyrinthes. Dans l’ensemble, le titre dispose de nombreuses statues permettant de redonner de la vie et des points de magie dans l’ensemble des étages des donjons, rendant la principale difficulté de Dragon Quest, c’est-à-dire l’endurance, un peu anecdotique.



Afin de personnaliser un peu l’expérience, il sera possible, après avoir suffisamment avancé dans le jeu, d’équiper des vocations aux différents membres de l’équipe. Ces vocations correspondent ni plus ni moins qu’à des classes telles que guerrier, mage, voleurs… Il est possible de faire monter les niveaux de ces différentes classes afin de faire progresser les différentes statistiques et d’apprendre de nouveaux sortilèges de plus en plus puissants. En avançant encore plus dans l’histoire principale, Dragon Quest VII Reimagined proposera également d’équiper deux classes par personnage, offrant des combinaisons, et par conséquent une panoplie de compétences, très élargie.
On regrettera cependant que ce système de classe ne soit pas aussi poussé qu’il pourrait l’être (pour ne pas encore citer Bravely Default et Octopath Traveler), puisqu’une fois à son niveau maximum, une classe n’apporte pas de bonus particuliers, et maîtriser l’ensemble des classes ne permet que d’en débloquer des nouvelles et pas d’avoir accès à des compétences passives ou à ce type de bonus.



Un voyage en diorama
La première chose qui frappe dès le visionnage des bandes-annonces concerne évidemment la direction artistique de Dragon Quest VII Reimagined. L’ensemble est fait de dioramas, avec un mélange assez audacieux entre des textures tirant vers le réaliste et la direction artistique cartoon de la série et des personnages d’Akira Toriyama. Si le résultat peut surprendre dans un premier temps, cette direction artistique fonctionne particulièrement bien sur l’ensemble des décors et plus particulièrement sur les monstres de l’univers. Seuls les personnages peuvent se montrer légèrement en retrait du point de vue de leur modélisation.



Du côté de la technique, la version Nintendo Switch 2 testée se montre exempte de tout reproche. Le jeu est beau, le jeu est fluide et ne souffre d’aucune concession, que ce soit dans son mode portable ou dans son mode docké. La bande-son reste également dans les classiques de la série, avec des thèmes et des bruitages facilement reconnaissables, tandis que les musiques d’exploration et d’ambiance sont une grande réussite. Les cinématiques proposées sont réalisées avec beaucoup de soin. Un dernier mot pour les équipes de traduction, notamment en ce qui concerne le bestiaire qui s’avère une nouvelle fois très réussi.



Envie de discuter de ce sujet avec une communauté axée Nintendo ? N’hésitez pas à rejoindre notre serveur discord officiel , nous sommes en place pour vous accueillir !
Conclusion - Dragon Quest VII Reimagined : une revisite parfaitement maitrisée
Dragon Quest VII Reimagined porte parfaitement son nom. Square Enix est parvenu à revisiter un titre réputé pour sa trop grande richesse de contenu en un récit riche et bien construit d’une cinquantaine d’heures. Les histoires des différentes îles sont une véritable réussite avec des récits amusants, des récits tristes ou encore des récits émouvants. L’ensemble de ces petits scénarios sert une histoire globale plus classique dans ses grandes lignes, mais cohérente de bout en bout. Bien que la recherche des tablettes puisse parfois prêter à confusion, le titre dans son ensemble guide parfaitement le joueur afin de garder un rythme soutenu tout du long.
Le système de combat au tour par tour ne change pas énormément des grands classiques, mais reste néanmoins une valeur sûre, bien que des séries plus récentes soient parvenues à moderniser ce système, sans le trahir pour autant. Il en va de même pour le système de classes, efficace, mais qui pourrait être approfondi. En ce qui concerne la réalisation, toute personne sensible à la direction artistique ne trouvera rien à redire sur la partie technique qui se montre irréprochable sur Nintendo Switch 2.
- Des petites histoires prenantes
- Qui servent un récit global avec réussite
- L’évolution des histoires entre les époques
- Un système de combat classique mais efficace
- Un système de classe classique mais efficace
- Une direction artistique parfaitement appropriée
- Une bande-son toujours réussie
- La technique irréprochable sur Switch 2
- Une recherche de tablette frustrante par moment
- Le système de combat manquant un peu de rythme par moment
- Un système de classe qui mériterait quelques ajustements

