A Highland Song : l’Écosse à portée de main, dès le 5 décembre
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A Highland Song – Poétique, esthétique et celtique – TEST

Issue de l’imagination des talentueux esprits de chez Inkle, A Highland Song propose un voyage court et intense dans les Hautes terres écossaises, mêlant exploration, narration et jeu de rythme. Une aventure teintée de poésie, régulièrement enivrante, régulièrement frustrante.  « C’est pas possible, mais je ne comprends pas, je dois aller où ? » : ça, c’est à peu près la réflexion qui tournait dans mon cerveau pendant mes premières minutes de jeu sur A Highland Song. Où aller ? Comment y aller ? Pour être honnête, le jeu n’est pas très bavard sur ses objectifs, il n’y en a qu’un seul : retrouver son Oncle Hamish et voir la mer pour la première fois de sa vie. Car oui, notre personnage Moira n’a pas encore eu l’opportunité d’aller voir plus loin que les (magnifiques) montagnes qui l’entourent. Elle fugue donc de chez elle, et c’est à cet instant que notre aventure démarre. 

Que la montagne est belle

A Highland Song se présente sous la forme d’un walking simulator 2D, ou l’on doit se déplacer sur une couche de plans qui se succèdent. Et d’abord, il faut le dire : c’est beau, très beau. Les décors, dessinés à la main tout comme Moira, rendent la traversée douce et offre un cachet particulier à ces décors, en leur offrant une vision artistique différente des lieux, loin de la froideur et du dramatique d’un Skyfall (James Bond et Moira, pas le même combat). 

Mais ce n’est pas parce que c’est joli et mignon que la traversée de Moira sera une balade de santé. Les hautes terres recèlent de dangers, et on le comprend encore plus lorsque l’on est drapé dans un avatar qui n’a que 15 ans, et qui n’est que trop insouciante quant à la dangerosité de son entreprise. La pluie, très régulière, les chutes dangereuses, les passages étroits dans des cavernes : votre voyage sera semé d’embûches. L’occasion pour le jeu de passer un message qui crève les yeux : fuguer c’est pas génial, et si c’est dans les Highlands, n’y pensez pas, c’est presque du suicide ! 

Ne soyons pas si dramatique, le jeu ne va peut-être pas jusque-là, mais s’il passe beaucoup de son temps à narrer la beauté et les histoires de ces terres, il n’oublie pas que, aussi bucoliques soient-elles, elles peuvent s’avérer dangereuses. Et le message passe encore mieux quand on joue dans la peau d’une adolescente, que l’on ne veut certainement pas voir souffrir dans son épopée (sauf si vous êtes un monstre). 

Trouver le chemin

Et pour savoir vers où se diriger, Moira va découvrir au fil de ses rencontres et de ses explorations, des cartes dessinées des montagnes, indiquant un point fixe, qu’il faudra à notre tour trouver avec nos yeux lorsque l’on se trouvera sur le sommet d’une colline, dégageant notre visibilité pour observer notre prochaine destination. Et il faut noter que chacune de vos parties sera différente, rien n’est créé procéduralement, mais les chemins sont nombreux, et vous ne prendrez sûrement pas la même route deux fois. 

Malgré tout le beau tableau que je vous dresse, je dois avouer ne pas avoir apprécié pleinement toutes ces séquences d’exploration, trouvant le système de repos très frustrant parce qu’il est difficile de trouver un abri viable qui ne fera pas baisser la santé de notre personnage. La pluie est aussi très présente, et gâche la visibilité, mais surtout la beauté du jeu, qui se révèle pleinement lors d’un coucher de soleil dégagé. 

Autre frustration bien plus compréhensible, c’est le manque de traduction française, petit jeu indépendant oblige. Mais là où l’anglais peut parfois être une barrière moindre, le jeu utilise l’accent écossais, même à l’écrit. Rien de dramatique pour les personnes ayant un niveau d’anglais très correct, mais il semble important de préciser que le jeu n’est aujourd’hui pas traduit en français, et c’est une barrière. 

Et parce qu’il faut des moments d’allégresse, Inkle propose des séquences figées dans le temps ou l’exploration laisse sa place au flow, dans des séquences de jeu de rythmes accompagnées de musiques traditionnelles celtiques très efficace. Là où la bande originale du jeu est composée par Laurence Chapman (qui a déjà collaboré avec Inkle sur Heaven’s Vault), les musiques des séquences de rythme sont des morceaux d’artistes traditionnels, et c’est là que le potentiel du jeu semble exploser. Après de longues minutes de marches difficiles, le terrain se dégage et Moira peut courir, déclenchant une séquence rythmique qui galvanise toutes les émotions et libère toute la pression accumulée. Si A Highland Song ne plaira certainement pas à tout le monde, nul doute que vous garderez quand même un bout d’Écosse en vous après l’avoir terminé. 

Un vrai petit bout de voyage
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Un vrai petit bout de voyage

Certes pas parfait, A Highland Song respire l’amour du territoire écossais, entre ses décors et sa musique, l’hommage offert par Inkle est réussi, et l’expérience, qui s’avère parfois contraignante, nous offre des séquences qui collent un grand sourire au visage, et qui donne envie de danser sur de la musique traditionnelle celtique. 

Les +

  • Artistiquement somptueux 
  • Un voyage unique presque à chaque fois
  • La bande originale
  • Les musiques traditionnelles
  • Moira, innocente et rigolote 
  • Les séquences rythmiques. 

Les -

  • Même si c’est le principe, on se perd peut-être un peu trop
  • Pas de traductions française, mais pour combien de temps ? 
  • La pluie gêne trop la visibilité
  • Système de repos très contraignant
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Jilax
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Plongé depuis ma plus tendre enfance dans le jeu-vidéo sans aucune envie de remonter à la surface. Une manette, une guitare et un match de foot du Stade Rennais suffisent à mon bonheur.

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