Il s’agissait de l’une des premières célébrations pour le trentième anniversaire de la série Pokémon : les premiers remakes de la série sont de retour sur Nintendo Switch. Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille sont disponibles à l’achat sur l’ensemble des modèles de console hybride depuis le 26 février dernier. Ces jeux sont bien évidemment l’occasion de retourner, encore, une nouvelle fois, une énième fois, sur les routes de Kanto, avec l’esthétique provenant des versions de troisième génération (Rubis, Saphir et Émeraude), sorties à l’origine sur la Game Boy Advance.
Si les routes de la première génération ont été parcourues un nombre de fois bien trop important, il est par contre agréable de revoir Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille sur les consoles actuelles pour retourner dans les îles Sevii, dont la dernière apparition date de la sortie de ces titres.
Une aventure qui se fait les yeux fermés
« Bien le bonjour ! Bienvenue dans le monde incroyable des Pokémon, mon nom est Chen ! ». Combien de fois ai-je pu voir cette introduction sur les écrans de mes consoles : Gameboy, Gameboy Advance, Nintendo DS, Nintendo 3DS et maintenant sur Nintendo Switch. La formule reste strictement identique aux versions sorties sur la Gameboy Advance. Il sera donc une nouvelle fois question de choisir le mythique starter avant de prendre la route afin de collecter les huit badges d’arènes et de défaire la terrible organisation de la Team Rocket en chemin.
Pour atteindre cet objectif, les 151 premiers Pokémon s’offrent à vous dans les hautes herbes, bien qu’avec un peu de recul, on remarque rapidement que Roucool et Rattata ont une furieuse tendance à envahir la grande majorité des herbes que vous foulerez dans votre aventure. Il faut attendre d’être très avancé dans l’aventure pour étoffer votre équipe de créatures un peu plus intéressantes.



Concernant les combats que propose le jeu, les récits faisant part d’une difficulté perdue dans les jeux actuels se trompent assez clairement, et ce sont bien les options de confort qui manquent aujourd’hui. De manière générale, il est très simple de se débarrasser de l’ensemble des dresseurs et champions que le jeu propose. Les seules difficultés viendront de notions d’équilibrage extrêmement mal dosées à l’époque avec des écarts de niveaux entre les champions et les Pokémon sauvages assez énormes (et je ne parle même pas de la ligue qui impose une différence de 15 niveaux après le huitième badge) ou bien des sets d’attaque pour vos créatures particulièrement pauvres. Le jeu ne propose que 50 CT (les objets permettant d’apprendre des capacités), qui ne sont utilisables qu’une fois, tandis que vos Pokémon apprennent bien peu d’attaques par montée de niveau, il faut donc se montrer particulièrement judicieux dans leur utilisation.
Un point particulièrement appréciable dans ces jeux un peu datés concerne la structure et la progression dans l’aventure. Kanto est une des régions les moins linéaires de la série dans laquelle il est possible d’effectuer bon nombre de tâches dans un ordre choisi. Après le troisième badge, les routes possibles sont nombreuses : continuer la quête des badges d’abord, s’occuper du cas de la Team Rocket, réaliser la mission pour obtenir la Pokéflûte… Le jeu regorge de choses à faire, sans vraiment les indiquer, ce qui peut demander un certain temps de recherche pour les joueurs maitrisant moins bien ces versions.



Un archipel qui vient étoffer l’aventure de Pokémon Rouge Feu
Si l’on met de côté les affreuses heures de farm nécessaires pour se débarrasser de la ligue, l’aventure Pokémon Rouge Feu se boucle en une petite quinzaine d’heures. Les ajouts survenus dans ces remakes sont donc bienvenus pour prolonger un peu la durée de vie, et cela passe par l’exploration d’une série d’îles, les îles Sevii. Il s’agit d’un archipel de sept îles, dont les enjeux ne sont pas les plus percutants rencontrés dans les jeux vidéo. Il s’agira grossièrement de défaire une nouvelle fois les plans de la Team Rocket en alternant entre les hautes herbes, les dresseurs et les petites grottes à explorer.
Au-delà du prétexte peu satisfaisant, l’ajout de ces îles permet d’introduire les Pokémon des deuxième et troisième générations (en petite quantité) afin de compléter une nouvelle fois le Pokédex. Une diversité de créatures qui aurait dû être étendue à l’ensemble de l’aventure pour casser le sentiment de répétitivité. On appréciera sérieusement la disponibilité des tickets événements permettant la capture des Pokémon fabuleux tels que Deoxys, directement après avoir vaincu la ligue.



Au-delà des ajouts de contenu, Pokémon Rouge Feu permet de remettre toute la première génération à la hauteur de la troisième génération, que ce soit en termes de direction artistique ou de musique. Cette patte propre à cette génération de la Game Boy Advance est du plus bel effet et donne un ton particulier aux musiques. Cette atmosphère « Hoenn » se ressent encore davantage dans les îles Sevii avec des designs lorgnant encore davantage sur les paysages de Pokémon Rubis et Saphir.
Il va sans dire que la version Nintendo Switch tourne à merveille, d’autant plus sur la Game Boy Advance XL : la Nintendo Switch Lite ressortie pour l’occasion. Au moment de l’écriture de ce test, la compatibilité entre Pokémon Rouge Feu, Vert Feuille et le Pokémon Home n’est pas encore assurée, mais permettra de connecter le retour de ces remakes à l’ensemble de la série, et notamment avec Pokémon Champions, dont la sortie est imminente. Il ne reste plus qu’à voir si d’autres versions de la même époque auront le droit d’arriver sur la console hybride de Nintendo.


Conclusion - Pokémon Rouge Feu : La nostalgie a un prix
La première génération de Pokémon est un produit qui passe le temps, qui passe les époques. Trente ans après la sortie du titre original, l’arrivée de son remake sur Nintendo Switch reste une très bonne nouvelle pour continuer de rendre la série accessible au plus grand nombre sur les consoles actuelles. Il ne faut cependant pas oublier que ces premiers jeux souffrent de nombreux défauts majeurs : peu de diversité des Pokémon rencontrés, une qualité de vie aux fraises, des moments de farm insupportables dus à un équilibrage inexistant… La structure générale de l’aventure reste un point fort de Pokémon Rouge Feu avec une certaine liberté accordée au joueur. Il est agréable d’enfin revoir les îles Sevii et notamment de rendre les Pokémon événements disponibles d’office dans ces versions. Pour finir, il s’avère que l’esthétique « 3G » fonctionne toujours aussi bien et rend un jeu du début des années 2000 toujours aussi agréable aujourd’hui, d’autant plus lorsque la compatibilité avec Pokémon Home sera assurée.
- Le retour de la 1G !
- Une structure non linéaire appréciable
- Le retour des îles Sevii
- Les Pokémon événements disponibles
- La direction artistique de la 3G
- La compatibilité future avec Pokémon Home
- Le retour de la 1G…
- Une diversité des Pokémon trop faible
- L’absence de qualité de vie pour l’entraînement des Pokémon et la gestion des inventaires
- Une absence totale d’équilibrage imposant de longs moments de farm

