TEST – Yoku’s Island Express

Ça y est, nous avons déjà bien entamé le mois de juin, non sans déplaisir à vrai dire, les vacances d’été s’approchant à grande vitesse pour la plupart d’entre vous. Nous pouvons d’ores et déjà humer délicatement l’odeur du sable chaud et la saveur des cocktails aux mille couleurs raffinant la sensibilité de notre palais. En prélude à ces futures aventures estivales, le studio suédois Villa Gorilla nous propose une petite expérience à l’originalité bien présente et au charme indéniable. Yoku’s Island Express est un jeu d’exploration arborant un système de progression à la Metroid tout en y ajoutant tous les ingrédients du célèbre pinball comme fondation pour son gameplay. Si ce mariage peut paraître improbable à première vue, le titre de Villa Gorilla va se révéler étonnant et fichtrement bien conçu, quelques explications s’imposent.

Vous incarnez Yoku, un petit scarabée de type bousier, vous savez, cet insecte réputé pour avoir comme particularité de façonner une boule d’excrément et de la pousser jusqu’au terrier, histoire de la savourer tranquillement par la suite, bon appétit. Ce dernier débarque avec entrain sur une île tropicale pour remplacer le postier local, parti à la retraite. Seulement, cet élan d’optimisme ne va pas être dédié pour la tâche qu’on lui a confiée à la base, mais pour toute autre chose. En effet, l’île est en proie à un Mal mystérieux et le gardien local semble être corrompu par ce dernier. Comme tous personnages de jeux vidéo censés, vous décidez donc de risquer votre vie pour sauver cette île du chaos qui la ronge. Ce n’est donc pas encore le moment pour notre petit personnage de trouver refuge dans une thébaïde paradisiaque

Un univers chaleureux, une ambiance propice à la félicité

Comme de nombreuses expériences du même genre, le postulat de départ reste assez léger et n’est qu’un simple prétexte pour traverser une multitude de tableaux à la recherche de nouvelles capacités et ainsi venir à bout du grand méchant pas super gentil. Mais n’ayez crainte, car même si le caractère narratif de l’aventure est mis de côté et s’avère totalement négligeable, l’intérêt du jeu va se retrouver dans bien d’autres aspects et notamment tout ce qui va graviter autour de l’exploration et du gameplay.

Yoku’s Island Express reprend les codes du jeu d’aventure en deux dimensions. Les développeurs ont ainsi misé sur un monde ouvert qui va se découvrir au fur et à mesure de votre progression et des capacités que vous allez débloquer. Si cet aspect du jeu n’est pas ébouriffant en soi, il mérite de reposer sur des bases solides et qui ont déjà fait leur preuve par le passé. Par ailleurs, en optant pour ce choix, le joueur peut très vite trouver ses marques et se sentir en terrain connu, ce qui évite l’appréhension de l’inconnu. 

Ainsi, le confort de l’exploration rend la progression du personnage parfaitement maîtrisée et agréable à vivre. L’aventure est également servie par une direction artistique très propre, alternant avec la vivacité des couleurs caractéristiques qui définissent les plages tropicales et des environnements tristement mélancoliques tels que les grottes ou les montagnes au regard hiémal. C’est toujours fascinant de pouvoir ressentir tout le travail effectué par les développeurs qui ont su donner de la vie et de la cohérence à tous ces tableaux contemplatifs . On peut aussi saluer l’excellence du travail de Jesse Harling qui a su s’approprier l’univers avec brio pour magnifier les environnements grâce à ses compositions musicales exotiques et ouvrant la porte à tous les voyages possibles.

Roule un jour, roule toujours

Mais là où le titre de Villa Gorilla se démarque réellement, c’est dans sa capacité à intégrer naturellement un élément de gameplay surprenant, pourtant difficile à implémenter dans l’environnement sans contraster avec le reste de l’aventure.  Cette composante réutilise les codes du Flipper et ajoute une belle dose d’originalité dans l’aventure, en plus de se fondre dans le level design avec une cohérence assez exquise. Ainsi, l’île regorge de flippers plus ou moins visibles, permettant à notre petit scarabée de se propulser avec sa bille vers des endroits que l’on croyait inaccessibles dans un premier temps.

Ainsi, durant une grande partie de l’aventure, c’est avec cette particularité du jeu que vous allez être le plus confronté. On retrouve ainsi toute la simplicité de l’univers du Pinball en reprenant ses codes bien connus de tous. On retrouve par exemple le système des scores, qui, dans le cas présent, ne sont pas là pour démontrer votre habilité aux autres, non, ici, ils prennent la forme de fruits. Ces derniers seront indispensables pour débloquer certains éléments, histoire d’accéder à de nouvelles parties de la carte. Pour ne pas gâcher l’expérience, les développeurs ont apporté un soin tout particulier pour que la physique et l’inertie autour de la boule soient bien rendues et que cette dernière paraisse naturelle dans ses déplacements.

Que dire de plus, si ce n’est que ces séquences fonctionnent très bien et participent à rendre le jeu totalement addictif. Les développeurs ont également réussi à créer une certaine harmonie entre l’exploration classique et les déplacements via les flippers, ce qui apporte un équilibre et une cohésion à l’aventure. Bien sûr, pour varier les situations, vous allez pouvoir découvrir de nouvelles capacités qui viendront s’ajouter à votre besace. Ces dernières apporteront de nouvelles perspectives au level design en vous donnant un nouveau point de vue  sur vos possibilités de déplacement et cet aspect est plutôt bien maîtrisé.

Une aventure envoûtante, mais pas dénuée de défauts

Collectionner des objets, affronter des boss, découvrir des secrets bien mussés dans les décors ou bien effectuer des quêtes, le jeu vous amènera toujours vers des tâches motivantes à accomplir sans jamais tomber dans la monotonie bien terne. On aurait aimé cependant que le concept serve de base aux idées les plus folles, car même si le jeu est audacieux sur de nombreux aspects, on regrette que les développeurs ne soient pas aller plus loin dans leurs ambitions et dans leur délire.

Ce qui nous amène à parler de la progression en tant que telle. Si l’histoire principale se laisse agréablement suivre et que l’exploration n’est pas bêtement limitée par un assistanat provoquant, il est fort regrettable que le générique de fin se manifeste aussi vite. En effet, seules cinq petites heures vous seront réquisitionnées pour clôturer l’aventure, le double si vous souhaitez atteindre le célèbre 100%. Si on ajoute à cela un manque cruel de challenge, on ne peut s’empêcher de pester et de rester sur notre faim. C’est véritablement le défaut numero uno de Yoku’s Island Express, ce sentiment frustrant d’être cruellement exclu de l’univers aussi vite alors qu’on aurait aimé y rester davantage, c’est de la diablerie, messieurs les développeurs.

Il faut malgré tout reconnaître que la faible durée de vie du jeu ne l’empêche pas de nous proposer quelques passages réussis, parfois marquants et que l’expérience, dans son ensemble, reste rythmée. Bref, l’oeuvre est peut-être bien trop courte, mais l’intensité qu’elle dégage nous force indirectement à nous jeter corps et âme dans ses bras alliciants.

A propos de l'auteur :

BQuentin

Joueur de 29 ans, j’ai découvert le jeu vidéo avec la toute première console portable de Nintendo, à savoir le Gameboy et son inoubliable Super Mario Land

a écrit 45 articles sur Switch-Actu.

2 commentaires pour “TEST – Yoku’s Island Express

  1. Super jeu ( je me suis j’ai voulu mettre 90% comme notre et j’ai cliqué sur 42 :/ ). Je rejoins néanmoins l’auteur sur la durée de vie du jeu qui laisse à désirer mais l’univers en vaut le detour

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