TEST – Innerspace

A mi-chemin entre Shadow of the Colossus et Journey, InnerSpace propose une aventure aérienne teintée de recherches et de mystères. C’est avant tout par l’intermédiaire de la plateforme de financement participatif Kicksarter que le projet de Tyler Tomaseski a réellement vu le jour en 2014. Après avoir récolté assez de dons pour valider les investissements, il aura fallu quelques longues années de travail supplémentaire avant que le studio Polyknight Games se sente enfin prêt à publier le jeu sur toutes les consoles actuelles, y compris la dame au double visage, à savoir la Nintendo Switch.

Voler, c’est le symbole de la liberté

Pour percer les mystères qui entourent cette oeuvre, le joueur est équipé uniquement d’une voilure, qui lui offre l’opportunité de voler à travers les environnements du jeu à sa convenance, mais aussi à naviguer sous les eaux. Ici, toute notion de bas et de haut n’existe pas, ce sont des règles abstraites qui régissent l’univers d’InnerSpace. Ainsi, les mouvements du joueur sont libérés d’une certaine manière puisqu’il peut diriger sa voile dans toutes les directions possibles et sans aucune contrainte.

En faisant ce choix, les développeurs cassent toutes les règles qui imposent de suivre par défaut une certaine forme de logique dans les contrôles d’un jeu vidéo. Bien que cette approche, qui n’est pas conventionnelle, nécessite un certain temps d’adaptation pour être correctement maîtrisée, elle permet surtout aux joueurs de ressentir une certaine forme de légèreté et de fluidité dans les mouvements du planeur et qui donne cette sensation de vouloir aller toujours plus loin sans aucune limite. Il est néanmoins dommage que cette version Switch souffre de grosses baisses de framerate, surtout dans les zones plus ouvertes et qui, par la même occasion, affectent à la fois la fluidité de l’exploration, mais aussi la qualité de l’immersion.

C’est surtout dans la partie autour de l’exploration que le titre de Polyknight Games se démarque et qu’il en devient très intéressant. En effet, pour conserver de la cohérence le studio texan avait dans l’idée de ne pas forcer le joueur à suivre un chemin prédéfini. Ce qu’il faut comprendre par là, c’est qu’à la manière du dernier Zelda, les développeurs ont fait en sorte que l’aspect exploratif ne soit rendu possible que par la volonté du joueur. Ainsi, le jeu n’apporte quasiment aucune notion d’aide pour le guider dans sa mission de cartographe à travers ces environnements où le contaste entre les couleurs chaudes et froides se fait ressentir tout au long de l’aventure.

En partant de cet état d’esprit, le studio renforce cette idée de recherche et de découvertedeux émotions qui amènent forcément vers de la satisfaction. Cette explosion d’idées folles est sublimée par un level design, diablement ingénieux, qui repose sur cette idée que l’espace de l’Inverse n’est pas défni par les règles que nous conaissons et qui désorientent complètement le joueur l’obligeant à comprendre naturellement le fonctionnement de ce monde. Cette notion de mystère est également appuyée par une ambiance sonore qui joue sur des sonorités discrètes, scintillantes et qui vont avoir une influence importante sur l’environnement du jeu, ce qui n’est sans rappelé le style du studio thatgamecompagny.

On sent clairement que Tyler Tomaseski et son équipe ont apporté un soin tout particulier à la construction du jeu pour entrer en parfaite symbiose avec cette idée et les ambitions initiales du studio et cela relève tout simplement du génie.

Un gameplay efficace, mais qui manque de profondeur

InnerSpace, c’est aussi un jeu qui va apporter une sructure narrative très liée à l’exploration. Le joueur doit ainsi extraire des reliques qui vont témoigner des activités du passé.  C’est avec l’aide d’un sonar et surtout de la curiosité que ce dernier pourra déceler toutes ces antiquités, car il ne faudra pas hésiter à parcourir les moindres recoins de l’environnement et interagir avec les nombreux éléments pour ouvrir des passages secrets qui mèneront vers ces trésors. Aussi, le studio a choisi de lier subtilement le background au gameplay en offrant l’opportunité aux joueurs d’améliorer leur planeur via ces reliques.

Unr fois encore, PolyKnight Games joue la carte du volontariat. En effet, il n’est pas imposé aux joueurs de trouver toutes ces reliques dans le jeu, mais c’est par elle que la narration va prendre forme et que les secrets liés à l’Inverse vont s’éclaircir. Ainsi, le joueur va créer sa propre expérience et ne va jamais subir l’histoire, c’est un concept qui n’est pas inédit, mais qui fait toujours son effet.

Malheureusement, InnerSpace souffre d’un défaut majeur qui va obscurcir tout le potentiel du titre. Les sensations offertes par l’expérience manquent cruellement de profondeur. Ce qu’il faut comprendre par rapport à ça, c’est qu’à aucun moment, l’aventure ne va véritablement transporter le joueur vers des émotions fortes.  Cela se perçoit surtout lors des affrontements contre les demi-dieux qui s’avèrent très inégaux dans l’ensemble.

Dans cette partie du jeu, on ressent très vite les inspirations de Shadow of the Colossus, mais l’atmosphère mélancolique qui se dégage du titre de Fumito Ueda est nettement plus maîtrisée que pour InnerSpace, notamment grâce au travail effectué sur les colosses qui prennent vie de façon magistrale devant nos yeux. Dans le cas présent, ce qui fait défaut aux titre de Tyler Tomaseski, c’est que ces face à face avec ces créatures gigantesques n’amènent aucune émotion, la faute surtout à une action, bien trop statique et aux éléments ludiques quasi inexistants pour tenir le joueur en haleine. Cet aspect devient problématique quand on sait que toute la partie autour des demi-dieux est tout simplement l’élément central du jeu, il est fort regrettable de ne pas avoir pris plus de temps dans le traitement de ces confrontations.

A propos de l'auteur :

BQuentin

Joueur de 29 ans, j’ai découvert le jeu vidéo avec la toute première console portable de Nintendo, à savoir le Gameboy et son inoubliable Super Mario Land

a écrit 52 articles sur Switch-Actu.

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